Un environnement repensé pour une prise en charge globale
Ariane a été imaginé comme un lieu de soin, mais aussi de reconstruction. Comme l’explique le Dr Alexandre Baguet, chef du service addictologie : « Nos patients arrivent souvent avec une image très négative d’eux-mêmes. Être accueilli dans un environnement de qualité, lumineux et apaisant, change radicalement leur premier contact avec le service. » Ce cadre, bien plus accueillant que les anciens locaux, permet de réduire l’anxiété liée au sevrage grâce à une ambiance sereine, une circulation optimisée et une surveillance discrète mais efficace.
Les nouveaux espaces, plus intimes et fonctionnels, offrent aux patients une dignité retrouvée. « Avant, les soins les plus simples, comme une coiffure ou un soin du visage, étaient compliqués à organiser. Aujourd’hui, avec des salles de bain individuelles et des équipements adaptés comme les grands miroirs et les douches à l’italienne, cela améliore considérablement l’accueil des patients, favorisant leur estime de soi autant que leur bien-être », souligne Sandra Pottier, infirmière.
« Avec l’ouverture d’Ariane, l’hôpital Saint-Julien de Petit-Quevilly augmente sa capacité d’accueil, une nécessité face à la hausse de la prévalence des addictions et des demandes de soins. Ce nouveau bâtiment nous permet de mieux répondre aux besoins de la population, tout en offrant à nos équipes un environnement de travail plus adapté », explique Stéphanie Decoopman, Directrice générale du CHU de Rouen.
Une prise en charge en deux temps, pour un accompagnement durable
Le service Ariane s’articule autour de deux phases clés :
- L’hospitalisation : pour initier le sevrage et stabiliser le patient dans un cadre sécurisé.
- L’hôpital de jour : un suivi régulier, plusieurs fois par semaine, pour éviter les ruptures de soins et accompagner les patients sur le long terme.
« Ce rythme progressif est souvent nécessaire dans des parcours de soins longs et fragiles », explique le Dr Baguet. « Les ateliers proposés ici sont très élaborés. Ils permettent aux patients de retrouver confiance en eux, mais aussi de créer du lien avec les soignants et les autres patients ».
Pour Julien, patient, l’ouverture du bâtiment a tout changé. « Après avoir connu les anciens locaux vétustes, j’apprécie les nouveaux espaces accueillants et les ateliers réguliers en hôpital de jour, qui m’aident à maintenir mon abstinence et à échanger avec d’autres patients. Aujourd’hui, je me sens mieux, et mon entourage le remarque aussi. »
Un projet né de l’intelligence collective
Le nom Ariane n’a pas été choisi au hasard. « Il est issu d’un brainstorming en équipe », raconte le Dr Baguet. « Nous voulions évoquer le fil d’Ariane, cette guide qui permet de sortir du labyrinthe. Pour nos patients, c’est exactement ça : un repère pour avancer vers une nouvelle étape de vie. » Un symbole d’espoir.
Une approche collaborative avec les partenaires du territoire
En lien étroit avec les services du site de Saint-Julien et de tous les sites du CHU de Rouen, le service d’addictologie développe une dynamique de coopération territoriale visant à garantir une prise en charge globale, coordonnée et adaptée des addictions. Au-delà de ses équipes internes, le CHU de Rouen s’appuie sur un réseau de partenaires institutionnels et territoriaux, tels que l’Agence Régionale de Santé (ARS) Normandie, la Région Normandie et la Métropole Rouen Normandie. Cette collaboration s’étend également aux structures sanitaires, aux professionnels du champ médico-social, ainsi qu’aux acteurs de la société civile et aux associations engagées dans l’accompagnement des patients tout au long de leur parcours de soins. L’ancrage dans ce réseau partenarial renforce le lien entre l’hôpital et la communauté et permet d’assurer une continuité des prises en charge au plus près des besoins des patients. Ces coopérations favorisent une approche pluridisciplinaire indispensable à la réinsertion sociale, en intégrant les dimensions sociales, psychologiques et économiques.
Financement
La mise en service du bâtiment Ariane correspond à la première phase du projet Ségur « Développement et modernisation des activités sur le site de Saint‑Julien », porté par le CHU de Rouen. Elle ouvre ainsi la voie à une seconde phase dès 2026, qui prévoit la réhabilitation du bâtiment Claudel, dans des conditions modernisées et conformes aux standards hôteliers actuels. Les financements mobilisés par l’État, la Région Normandie et la Métropole Rouen Normandie accompagnent l’ensemble de cette opération structurante, au service d’une offre de soins de proximité renforcée et adaptée aux besoins de la population de l’agglomération rouennaise.
Montant des investissements : 10.7 M€
Montant des subventions associées :
- Région Normandie : 3 M €
- Etat : 1,05 M €
- Métropole Rouen Normandie : 890 000 €
Un véritable soutien des institutions
Pour Hervé Morin, Président de la Région Normandie, « Avec l’ouverture du bâtiment Ariane, la Région Normandie réaffirme son engagement en faveur d’une santé accessible, innovante et humaine. Ce projet illustre notre volonté de soutenir des infrastructures qui répondent aux enjeux majeurs de notre territoire, notamment en matière d’addictions, en plaçant la dignité et le parcours de vie des patients au cœur de l’action publique ».
Pour Mathias Ott, Directeur général de l’ARS Normandie, « L’addictologie constitue un enjeu de santé publique majeur, particulièrement marqué en Seine-Maritime, qui appelle des réponses structurées, coordonnées et durables. L’ouverture de cette nouvelle unité s’inscrit pleinement dans cette ambition, en renforçant significativement les capacités de prise en charge et en consolidant l’organisation d’une filière territoriale au service des patients. Le bâtiment Ariane en est une illustration concrète. Je tiens à saluer la mobilisation de l’ensemble des partenaires – l’État, la Région, la Métropole de Rouen et le CHU – dont l’engagement conjoint a rendu possible la réalisation de ce projet structurant. »
Pour Nicolas Mayer-Rossignol, Président de la Métropole Rouen Normandie et Maire de Rouen, « L’ouverture d’Ariane est une excellente nouvelle pour notre territoire. Ce nouvel équipement renforce l’offre de soins de proximité et témoigne de l’engagement collectif en faveur de la solidarité et de la santé pour tous. En offrant un cadre digne et adapté, il contribue aussi à changer le regard sur les addictions et sur celles et ceux qui en souffrent ».
Fun fact
Le chantier du bâtiment Ariane, lancé en septembre 2024 pour une durée initiale de 15 mois, a été marqué par la découverte de vestiges archéologiques liés à Henri II Plantagenêt, sous la chapelle Saint-Julien, entraînant un décalage du démarrage des travaux. Après validation par la Préfecture et collaboration avec l’Architecte des Bâtiments de France, les travaux ont pu démarrer avec des contraintes strictes : façade matricée et panneaux teintés (blanc cassé et pierre jaune) pour s’harmoniser avec la chapelle, un bâtiment en rez-de-chaussée avec vide sanitaire, et des locaux techniques en sous-sol.
Ariane en quelques chiffres
- Surface : environ 1 000 m²
- Nombre de lits : 24 à 30.