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Préservation de la fertilité : c’est quoi ?

La préservation de la fertilité : une alternative aux conséquences de certains traitements ou interventions chirurgicales

Certains traitements ou interventions chirurgicales peuvent, en raison de leurs effets secondaires, avoir pour conséquence une diminution ou un arrêt de la production des spermatozoïdes chez l’homme ou des ovocytes chez la femme et donc présenter un risque pour une fertilité immédiate ou future.

Cet arrêt de la production peut être transitoire ou définitif en fonction du type de traitement. Cela se produit le plus souvent pour les traitements du cancer. Mais dans certains cas, des médicaments ou des interventions chirurgicales employés pour des maladies non cancéreuses peuvent également présenter un risque pour la fertilité.

Dans ce contexte la préservation de la fertilité  est en général possible et fait appel à des méthodes spécifiques qui doivent être mises en place avant de débuter les traitements.

Définition et histoire de la préservation de la fertilité

La congélation cellulaire à des fins de préservation consiste à protéger et conserver par refroidissement les cellules, qui peuvent être issues de différents tissus. Ces cellules sont maintenues dans un état de vie et d’animation suspendues à des températures dites cryogéniques dans l’azote liquide (-196 °C) ou dans les vapeurs d’azote (-140 °C).

Ces procédures de congélation cellulaire sont utilisées chez l’homme et la femme pour conserver les gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes), les embryons ou les tissus germinaux (ovaire ou testicule) en vue d’une utilisation ultérieure dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation (AMP).

Un peu d’histoire

En 1953, la première grossesse obtenue chez un couple infertile après insémination à l’aide de spermatozoïdes congelés conduit à la création des premières banques de spermatozoïdes humains dans le cadre du don, tout d’abord aux États-Unis et, à partir de 1973, en France. L’avènement de la fécondation in vitro (FIV), avec la naissance en 1978 de Louise Brown en Grande-Bretagne, va très rapidement conduire à l’introduction des protocoles de stimulation ovarienne permettant l’obtention simultanée de plusieurs embryons viables en FIV et imposant de mettre au point une procédure de congélation des embryons viables non transférés. Ainsi, en Australie, le premier bébé obtenu après transfert d’embryon décongelé voit le jour en 1984. En 1986 a lieu la première naissance obtenue à l’aide d’ovocytes matures congelés par congélation lente et, en 1999, après utilisation d’ovocytes matures congelés par congélation ultrarapide ou vitrification. En 1996 sont rapportées les premières congélations de fragments de tissu ovarien chez la femme. Enfin, les premières congélations de tissu testiculaire chez le garçon prépubère sont décrites en 2007.

La majorité de ces techniques de congélation, à l’exception de la congélation des tissus germinaux, a été développée dans le cadre de la prise en charge d’une infertilité de couple nécessitant le recours à une AMP intraconjugale ou avec tiers donneur (ovocytes, spermatozoïdes et embryons). Progressivement, ces techniques vont être utilisées pour préserver la fertilité d’hommes ou de femmes qui vont être exposés à un traitement dit gonadotoxique, le plus souvent utilisé dans le champ du cancer, susceptible d’altérer prématurément leur fertilité.

La création des CECOS

En 1973, la création, en France, du premier centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) sous la responsabilité du Pr Georges David, va permettre non seulement de créer la première banque de spermatozoïdes congelés en vue de dons mais de proposer également la congélation de spermatozoïdes en vue de préserver la fertilité de huit jeunes hommes adultes avant un traitement du cancer. De nouveaux CECOS vont s’établir dans différents centres hospitaliers universitaires, aboutissant en 1983 à la création de la Fédération des CECOS, constituant le premier réseau national et international pour la prise en charge du don de spermatozoïdes et la préservation de la fertilité de l’homme jeune adulte.

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