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La Veille Climat · Santé · Environnement 

CHU au Courant !

Une fois par mois , le CHU de Rouen vous propose une veille sur les thématiques relatives à la transition écologique ainsi que sur les liens entre santé et environnement. Bonne lecture !

N°02 Juin · 2026

il y a moins de désordre dans la nature que dans l’humanité

Edgar Morin

Énergie · Ressources

Le Shift Project publie le premier volet de son Plan robuste pour l'économie française

La robustesse toujours et encore. Après le Plan de Transformation de l’Economie Française (PTEF) sorti en 2021, le Shift Project poursuit dans sa lancée et propose cette fois le Plan Robuste pour l’Economie Française (PREF). Toujours dans la même optique : accélérer et accentuer la décarbonation afin de répondre aux crises énergétiques et climatiques qui s’intensifient. Voilà ce qu’il faut en retenir :

  • 60%. C’est la part représentée par les énergies fossiles dans le mix énergétique français encore aujourd’hui. Une proportion conséquente qui rend vulnérable des pans assez larges de l’économie française. Surtout lorsque l’on voit les fluctuations à l’œuvre en ce qui concerne les prix et les approvisionnements pétroliers par exemple ;
  • Un travail découpé en deux analyses.
    • Premièrement, le Shift Project a voulu étudier les « dynamiques et les freins » pour un certain nombre de chantiers prioritaires (que nous verrons sur le point suivant). Pour ce faire, un panel d’experts a été rassemblé afin de réfléchir à la faisabilité des mesures proposées. Par le biais de ces consultations, le rapport entend proposer un ensemble de préconisations adaptées à la réalité du terrain ;
    • Deuxièmement, une analyse de robustesse a été travaillée. Cet exercice de prospective vise à imaginer des trajectoires futures de décarbonation défavorables afin de mieux les éviter. Ainsi, une empreinte « ressources » est adossée à ces trajectoires afin de mieux visualiser la tendance baissière que nous devrions suivre en termes d’usage de biens et matières ;
  • 20 chantiers prioritaires. Les actions à déployer de façon impérative ont été classées dans plusieurs catégories : transports, logement, agriculture, numérique, industrie et énergie. Il s’agit ici d’évoquer des chantiers emblématiques et incontournables au sujet de la décarbonation. Pour chacun de ceux-là, le rapport dresse : un point sur l’avancement actuel ; identifie des conditions de réussite pour parvenir aux objectifs futurs.
Changement climatique

The 2026 Europe report of the Lancet Countdown on health and climate change: narrowing window for decisive health action

Il y a quelques semaines sortait le dernier rapport publié par The Lancet Countdown. S’intéressant aux liens entre changement climatique et santé, la publication tente d’établir les risques pour les populations mais aussi d’évaluer l’état d’avancement des politiques traitant de ce sujet. Les conclusions se font graves, insistant à nouveau sur l’urgence de réviser notre approche de la santé à l’aube des vagues de chaleur qui se feront de plus en plus régulières et oppressantes. Voilà ce qu’il faut en retenir :

  • Des impacts sanitaires de plus en plus importants. Les chiffres ne mentent pas : si l’on compare les périodes 1991-2000 et 2015-2024, la quasi-totalité des régions européennes (plus de 99%) ont vu le nombre de décès liés à la chaleur augmenter. Les moyennes sont assez importantes, puisque l’on parle ici de 52 décès supplémentaires par million d’habitants ;
  • Une modification du fonctionnement des écosystèmes. Plus de chaleur signifie des pathologies renforcées ou plus nombreuses. C’est également l’un des messages qui revient régulièrement dans ce texte, renvoyant à la logique du concept One Health : si des dégradations environnementales sont à l’œuvre, alors la santé humaine est également impactée. Deux exemples sont cités : l’évolution de la transmission du virus de la dengue (dont la capacité de transmission a augmenté de presque 300% en Europe) ; l’allongement des saisons polliniques qui accroit les risques d’allergies respiratoires ;
  • Une chaleur qui exacerbe les inégalités. Ces dernières sont plurielles : rien que pour l’Europe, l’exposition à des températures dangereuses pour les nourrissons ou personnes âgées s’est significativement accrue (+ 1,17 milliard de journées-personnes) ; les ménages les plus précaires sont soumis à des conditions d’habitation plus problématiques et à une insécurité alimentaire bien plus élevée (de presque 11%) ;
  • Un recul de l’action politique, entrepreneuriale et citoyenne. Malgré ces constats, l’organisation regrette un recul des engagements de tous ordres. Cependant, il est à noter que le nombre d’actions en justice en lien avec la santé environnementale est en forte croissance. Un moyen efficace de faire connaitre à toutes et tous les engagements collectifs à ce propos, comme précédemment le rappel de la Cour Internationale de Justice sur l’obligation des Etats à agir en faveur d’actions climatiques importantes.
Santé

Rapport d'information sur l’évaluation des politiques de santé environnementale

Un sujet crucial traité à l’Assemble Nationale. Propulsé par la députée Catherine HERVIEU, le sujet de la santé environnementale a été traité à travers un rapport intitulé « Santé environnementale : face aux risques connus, l’urgence d’une politique publique cohérente ». La raison d’être de ce document n’a pas été d’identifier ou de recenser ce qui compose la thématique « santé environnementale », mais plutôt d’énoncer les failles actuelles et les renforcements à instaurer. Un travail qui a été mené dans un moment où « les enjeux sont vertigineux » et la « demande de protection de la part de la population » de plus en plus forte. Voilà ce qu’il faut en retenir :

  • Une politique publique sous-dimensionnée. Face à des enjeux et risques parfois méconnus ou maitrisés de façon incomplète, le soutien institutionnel et financier des organismes de santé et de recherche est un prérequis indispensable à la mise en place d’une politique efficace. Or, face à des problématiques qui se font de plus en plus présentes en ce qui concerne les pollutions (PFAS, qualité de l’air, pesticides, etc.) et les individus exposés, il est important de connaitre nos besoins pour traiter efficacement ces questions. Pour cela, deux propositions majeures sont avancées : un renforcement du rôle des ministères chargés de la santé et de l’environnement ; déployer une stratégie nationale santé-environnement reposant sur des institutions comme l’ANSES ;
  • Des leviers pour mieux prendre en compte la santé environnementale. La maitrise du sujet passera par la formation et la recherche. Ce sont deux angles d’attaque avancés, autant sur la partie formation initiale (former et accompagner les experts) que sur la partie médiatique (améliorer la couverture médiatique de ces enjeux et lutter contre la désinformation) ;
  • La prévention et l’anticipation comme enjeux prioritaires. « Agir en amont, contraindre, accompagner ». Le rapport insiste sur le fait qu’il est important de penser les coûts engendrés par certaines pratiques ou certains produits (PFAS, phytosanitaires, etc.). Les orientations vont donc vers un traitement des problèmes à la source (réduction et contraintes sur certaines substances), l’établissement de règlements restrictifs favorables à la santé et une communication permanente avec les acteurs de terrain.