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Veille Climat · Santé · Environnement 

CHU au Courant !

Toutes les deux semaines, le CHU de Rouen vous propose une veille sur les thématiques relatives à la transition écologique ainsi que sur les liens entre santé et environnement. Bonne lecture !

N°01 Mars · 2026

La mauvaise herbe n'est jamais qu'une plante mal aimée.

Ella Wheeler Wilcox

Énergie · Ressources

Pourquoi les frappes sur l’Iran nous rappellent qu’il est urgent d’abandonner le pétrole

Eternel recommencement.  Depuis plusieurs années, chaque conflit à l’échelle internationale impliquant un producteur/fournisseur d’hydrocarbures est l’occasion de voir se répéter une situation de crise au niveau de l’approvisionnement des énergies fossiles. Là encore, l’opposition qui s’ouvre entre l’Iran et la coalition Etats-Unis/Israël démontre que les variations et les contraintes risquent d’être de plus en plus nombreuses dans un contexte géopolitique instable.
Voici les informations qu’il faut retenir

  • 20%. C’est la quantité de pétrole au niveau mondial qui transite par le détroit d’Ormuz. De quoi légèrement perturber l’acheminement au niveau international de l’or noir;
  • Une consommation finale d’énergie majoritairement carbonée. Si l’on prend exemple sur le fonctionnement de la France, presque 60% de l’énergie finale consommée est fossile (38% de pétrole, 19% de gaz, 1% ou moins de charbon). De quoi être perturbé en cas de crise. Encore plus sur certaines thématiques comme les transports, où environ 95% du parc automobile français est équipé de moteurs thermiques ;
  • Quand la perturbation du trafic menace la stabilité économique mondiale. L’exemple viendra peut-être des pays les plus durement et régulièrement touchés. En effet des pays à la santé économique fragile comme Cuba ou l’Ethiopie ont pour priorité de réduire très rapidement leur dépendance au pétrole. Non pas par vertu, mais par nécessité. Si les marchés deviennent plus instables – du fait de conflits réguliers et d’une baisse de production, anticiper les fluctuations deviendra une priorité du quotidien ;
  • Des perspectives de production en baisse tendancielle. Un rapport du The Shift Project l’explicitait en mai 2021 : les principaux fournisseurs de pétrole de l’UE risquent vraisemblablement de connaitre un « déclin marqué et irréversible » de la production pétrolière au cours de la décennie 2030. Ce message était ponctué par un point de vigilance de Matthieu Auzanneau : « la probabilité de contraintes de plus en plus fortes s’exerçant sur les approvisionnements pétroliers de l’Union européenne constitue une raison supplémentaire – outre les engagements climatiques – pour planifier la sortie du pétrole ». Des propos encore étrangement très actuels…
Source : Envato
🔥 Changement climatique

Pour un système de santé décarboné : mieux compter, mieux prévenir, mieux soigner

Publication du rapport « pour un système de santé décarboné: mieux compter, mieux prévenir, mieux soigner » du Shift Project. La santé est l’un des sujets phares pour le think tank travaillant à la décarbonation de l’économie et de la société française, qui poursuit ses travaux allant dans le sens de la promotion d’un système de santé bas-carbone.
Voici les informations qu’il faut retenir

  • Les systèmes de santé particulièrement sensibles. C’est en vue de préparer l’hôpital à un monde plus contraint (changement climatique, pénuries de ressources, sortie progressives des énergies fossiles) que le Shift Project fournit diverses recommandations sur les transformations à mettre en place dans le secteur de la santé. Ces dernières doivent permettre les professionnels de santé et les cadres hospitaliers d’orienter les établissements de santé vers un scénario « pleinement décarboné », à savoir : baisser les émissions de 80-90% d’ici 2050 ;
  • Affiner les émissions du système de santé En matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), l’association fournit ici une méthodologie permettant d’obtenir des résultats plus précis concernant les émissions émises en totalité ainsi que l’intensité carbone des soins. Trois indicateurs sont rendus accessibles : l’intensité carbone des soins (la quantité d’émissions de GES émise par unité de soin donnée) ; l’indice d’adéquation des soins (proportion de soins réalisés qui ne sont pas médicalement justifiés) ; l’intensité des soins (le niveau de ressources mobilisées pour la prise en charge d’un patient) ;
  • Activer les leviers pour soulager le système actuel.  Ainsi, les leviers de décarbonation identifiés et pouvant permettre d’obtenir des résultats apparaissent être les suivants : diminuer l’intensité carbone des soins ; recentrer la politique de prise en charge autour du « juste soin », soit la limitation des soins non-pertinents ; accroitre les politiques et actions de prévention secondaire (développement des pathologies) et tertiaire (conséquences de ces pathologies) afin de faire décroitre le nombre de soins nécessaires par patient ; renforcer la prévention primaire (limiter l’apparition de pathologies) afin de réduire la pression sur le système de santé. Diminuer l’impact carbone du secteur de la santé nécessitera de le « soulager », ce qui sous-entend une baisse du nombre de sollicitations.
Source : Envato
Santé

Publication du rapport de Santé mondiale 2030 : « Action climatique et santé : une même urgence, des bénéfices partagés"

Il y a peu sortait le rapport du think tank « Santé mondiale 2030 », poussé par l’Agence Française de Développement. Ce document se concentre sur les bénéfices apportés – sur la santé humaine – par les politiques de réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES). Un rapport qui rappelle, par le biais d’un argumentaire détaillé, la logique du concept « one health » : la santé des humains, la santé des animaux et celle des écosystèmes sont étroitement liées.
Voici les informations qu’il faut retenir

  • la santé comme appui providentiel aux « engagements climatiques ». Dans un moment où la désinformation, les « retours de bâton » (backlash) et les positions critiques sont nombreuses sur les politiques environnementales jugées trop restrictives, il est indispensable de démontrer les co-bénéfices engendrés par des engagements décarbonés. « L’urgence climatique est aussi une urgence sanitaire » ;
  • un gage de qualité de vie et de justice sociale. Les propos tenus ne sont pas radicaux au point de formuler le dilemme entre santé ou économie (ou le fameux « PIB ou CO2 il faut choisir », comme le disait Jean-Marc Jancovici), mais l’illustration des effets négatifs du système actuel est bien là. Le mauvais état de santé des populations est exacerbé par les dégradations environnementales (artificialisation des sols, absence de biodiversité, pollutions locales diverses, etc.) « créant un cercle vicieux entre dégradation environnementale, injustices sociales et crise sanitaire ». Agir contre ces dégradations, c’est se positionner en faveur d’un modèle plus juste ;
  • un contre-modèle attractif. Un plan réfléchi et coordonné, poussé à une échelle locale, démontre une certaine efficacité à court-moyen-long terme. On y vit en meilleure santé, un certain dynamisme territorial peut y être associé. La « Pathfinder Initiative » (soutenue par The Lancet) recense des actions regroupées autour de 4 grandes thématiques : l’alimentation-agriculture, la mobilité, la pollution de l’air, la qualité des logements. Des initiatives qui peuvent être portées à « petite » échelle, invitant les territoires à designer leur propre transition – par des choix courageux. C’est moins impactant pour l’environnement, rempli de sens, générateur d’activités (et donc d’emplois) et accroit le potentiel de résilience.
Source : Envato