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La conservation de sperme

Tout patient devant bénéficier d’une cryoconservation doit prendre un rendez-vous dans un laboratoire ayant l’autorisation pour congeler et conserver le sperme. La conservation devra se faire avant de débuter le traitement et/ou avant l’intervention chirurgicale.

Le patient sera reçu par un des praticiens du CECOS et les informations concernant la congélation, la conservation et l’utilisation ultérieure des paillettes lui seront données.
Un dossier spécifique sera ouvert comprenant :

  • résultat des sérologies suivantes (datant de moins de 6 mois) : HIV 1et2, Hépatite B, Hépatite C et Syphilis
  • consentement et contrat signés
  • pièce d’identité du patient

En cas d’autoconservation de sperme en urgence, tout sera mis en œuvre pour connaître le statut sérologique (dépistage des maladies infectieuses) avant le traitement et le conditionnement du sperme au laboratoire.

Arrêté du 11 avril 2008 relatif aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la procréation –  chapitre III.4.1. Information et consentement

“Toute personne devant subir un traitement présentant un risque d’altération de sa fertilité a accès aux informations concernant les possibilités de conservation de gamètes ou de tissu germinal. Lorsque la conservation est réalisée dans le contexte d’une pathologie mettant en jeu le pronostic vital, le patient reçoit une information spécifique et ciblée.
Le patient, le titulaire de l’autorité parentale s’il s’agit d’un mineur ou le tuteur si la personne est placée sous tutelle donne par écrit son consentement.”

Comment se prélève le sperme ?

Le sperme est recueilli par auto-masturbation au CECOS, il est recommandé, quand cela est possible, de respecter auparavant un délai d’abstinence sexuelle de 3 à 5 jours.

En général, afin de conserver une quantité suffisante de sperme, le patient peut être amené à réaliser deux à trois prélèvements. Le praticien du centre informera le patient de la qualité de la conservation.

Dans certains cas particuliers (atteinte de la moelle épinière, paraplégie, masturbation non effective….) le prélèvement de sperme peut être obtenu par l’usage d’un vibromasseur médical ou plus exceptionnellement dans certains centres par électro-éjaculation.

Y a-t-il un âge limite pour réaliser un prélèvement de sperme ?

L’âge minimum semble être aux alentours de 12 ans. En fait, plus que l’âge, la capacité à se masturber conditionne la réussite de la conservation. Le garçon sera reçu par le médecin du centre qui lui expliquera comment pratiquer le prélèvement et s’entretiendra également avec les parents.

Comment le sperme est-il congelé puis conservé ?

Avant toute congélation, le sperme sera analysé (volume du sperme, concentration, mobilité et vitalité des spermatozoïdes). Pour être congelé, le sperme doit être mélangé à un cryoprotecteur avant d’être conditionné dans des paillettes dites Haute Sécurité de 0,3 ml . Chacune de ces paillettes sera identifiée à l’aide d’un numéro attribué à chaque patient. Elles seront ensuite congelées à l’aide d’un congélateur automatisé avec une descente progressive en température. Le stockage des paillettes se fera dans l’azote liquide à – 196°C .

Y a-t-il une durée limite pour la conservation ?

Non. Une fois congelé, le sperme peut être conservé aussi longtemps que le patient le désire sans altération du pouvoir fécondant. Chaque année, le patient recevra un courrier lui demandant s’il souhaite poursuivre ou non la conservation de ses paillettes de sperme. En cas de déménagement, il est important de donner sa nouvelle adresse au CECOS qui conserve vos paillettes.

Arrêté du 11 avril 2008 relatif aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la procréation –  chapitre III.4.1. Information et consentement
Au-delà de la première année de conservation, il est nécessaire de s’assurer chaque année de la volonté du patient de poursuivre ou non la conservation. Seul le patient peut exprimer par écrit sa volonté de poursuivre ou de mettre fin à la conservation de ses paillettes. En cas de décès, il est mis fin à la conservation des gamètes ou des tissus germinaux.

Peut-on savoir à l’avance si le sperme sera fécondant ?

La tolérance au processus de congélation/décongélation est individuelle et non prévisible. Afin de connaître la qualité des paillettes conservées, pour chaque congélation, une paillette sera décongelée afin d’apprécier la qualité du sperme après le processus de congélation/décongélation.
Il n’est pas possible de faire un pronostic précis. Les chances d’obtenir une grossesse dépendent bien sûr des caractéristiques du sperme à la congélation, mais aussi de la fécondité féminine et de la technique d’assistance médicale à la procréation qui sera utilisée.
Le choix de la technique sera fait en accord avec le couple, le médecin de la reproduction et le biologiste du CECOS en fonction du nombre de paillettes disponibles et du nombre de spermatozoïdes mobiles par paillette après décongélation.

En cas de chimiothérapie ou de radiothérapie, la stérilité est-elle irréversible ?

Non, le risque de stérilité dépend du traitement, de sa durée et des doses utilisées; il est, par ailleurs, très variable d’un individu à l’autre.
Ce risque est lié à l’imprévisible tolérance au traitement des cellules souches qui produisent les spermatozoïdes. Les altérations de leur fonction peuvent quelquefois être définitives, cependant elles sont le plus souvent temporaires. Il est donc conseillé d’effectuer à distance de la fin du traitement (au moins 1 an), des contrôles de sperme régulièrement pour juger de l’évolution de la production spermatique.

Attention, dès le début du traitement, pendant toute sa durée une contraception de couple (pilule, stérilet, préservatif…) est obligatoire pour éviter toute grossesse qui comporterait un risque pour l’enfant. Il est conseillé également de s’abstenir de mettre en route une grossesse au minimum un an après l’arrêt du traitement. Le médecin, en fonction de votre cas particulier, vous conseillera sur tous ces importants points. En cas de chimiothérapie, compte tenu des incertitudes sur l’excrétion des médicaments dans le sperme, il peut être conseillé l’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels.

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