Thèse
Pour le Doctorat en Médecine
Présentée et soutenue publiquement le 23 avril 1997
Par Arlette Vandomme - Traska
Née le 27 avril 1962, à Auchel
Lapport de lInternet dans
lexercice quotidien
du médecin généraliste.
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RESUME
Internet est le réseau d'ordinateurs le plus
utilisé dans le monde.
Les outils de l'Internet les plus importants
sont le courrier électronique pour le versant communication, et
le web (" toile d'araignée mondiale "), pour
le versant information.
L'intérêt majeur de l'Internet pour le
médecin généraliste réside dans la potentialisation des
compétences, fondée sur les échanges et l'accès aux
recommandations de bonnes pratiques cliniques et conférences de
consensus.
Outre l'aspect communication
informationnelle, l'Internet va acquérir une dimension
stratégique avec le futur " réseau de santé
sociale ", élément-clé du système d'information
santé.
MOTS-CLES : médecine générale;
informatique médicale; réseau de communication; Internet.
SUMMARY
Internet is the most widely used computer
network in the world.
The Internet most important tools are the
electronic mail for communication and the web (world wide web)
for information.
The major Internet interest for a general
practitioner lies in the potentialization of skills based on
exchanges and access to clinical guidelines and consensus
conferences.
Beside the international communication
asset, the Internet will acquire a strategic dimension with the
future " social and health network ",
key-element in the health information system.
KEY WORDS : physician, family;
computer communication network; medical informatics computing;
medical informatics.
INTRODUCTION
L'Internet : le " phénomène
médiatique " du moment ? Une mode éphémère vouée
à de proches oubliettes ? Le dernier jouet d'une civilisation de
loisirs ?
Comme pour tout phénomène dont
on parle beaucoup, beaucoup trop diront certains, la prudence est
de mise.
Néanmoins, derrière cette
" mousse médiatique ", il est aujourd'hui
indéniable que l'Internet est devenu le réseau de communication
le plus utilisé dans le monde : il représente aujourd'hui 60
millions d'utilisateurs de 145 pays répartis sur les 6
continents. Un véritable phénomène de masse, dont la rapidité
de croissance a surpris les plus optimistes, déconcerté les
plus réticents.
L'Internet a aussi acquis ses lettres
de noblesse. Il est aussi devenu un formidable outil
professionnel. Les médecins et tous les professionnels de la
santé sont d'ores et déjà devenus des acteurs importants de ce
réseau. Et c'est d'un potentiel gigantesque dont il reste à
prendre le bénéfice.
L'Internet n'est pas, ou n'est plus
l'outil exclusif du chercheur, du médecin hospitalier, ou de
quelques libéraux " marginaux ". L'Internet
est aujourd'hui un moyen majeur, à la disposition du médecin
généraliste, pour améliorer de la manière la plus
significative, la quantité et la qualité de son information et
de sa communication. C'est déjà pour certains d'entreux un
outil intégré dans leur pratique quotidienne.
Nous allons donc aborder dans ce
travail les définitions de base de l'Internet, avec un court
rappel historique.
Nous insisterons sur les différents
outils de l'Internet, dans une perspective adaptée au médecin
généraliste. Information et communication sont les mots-clés
pour évoquer ces outils.
Nous détaillerons ensuite les apports
de l'Internet dans l'exercice quotidien du médecin
généraliste, en insistant sur la possibilité d'accéder aux
recommandations pour les bonnes pratiques cliniques, et aux
conférences de consensus, pour le versant information, ainsi
qu'aux courrier électronique, forums et listes de diffusion qui
permettent une potentialisation des compétences, pour le versant
communication. La méthodologie de la recherche de l'information
sera étudiée dans sa " spécificité
Internet ".
Le troisième et dernier chapitre
consistera à décrire le contenu et les qualités des
" sites web " les plus intéressants pour
l'information et la formation du médecin généraliste.
A./
Qu'est-ce que l'Internet ?
1.Définition
Pour l'utilisateur, l'Internet est un
océan merveilleux de découvertes et de connaissances (13).
En termes plus techniques, l'Internet
est le plus grand réseau informatique au monde, un réseau de
réseaux pouvant échanger des informations en toute liberté.
C'est un ensemble d'ordinateurs
reliés entre eux par des câbles électriques. Il permet de
véritables échanges. L'Internet permet à tous les ordinateurs
du réseau de communiquer entre eux.
Il couvre l'ensemble des pays
développés et peut être utilisé depuis n'importe quel
domicile. C'est une immense " toile
d'araignée " mondiale, où les textes, les sons et les
images circulent le plus simplement du monde, par les lignes
téléphoniques.
2.Historique
L'Internet n'est pas nouveau.
A l'origine d'Internet, se trouve le
projet ARPANET, du Département de la Défense américaine, qui
reconnaît que les ordinateurs peuvent contribuer à la défense
d'un pays, de manière optimale.
Il a été développé en 1969 afin de relier entre eux les
militaires, les chercheurs, et les industriels impliqués dans la
Défense. ARPA signifiant " Advanced Research Projects
Agency ", (centre de projets de recherche avancée)
NET: abréviation de " network ", (réseau en
anglais).
Son objectif était de servir de
laboratoire d'essai à un réseau de communication capable de
résister à des conditions inhabituelles et à des événements
imprévus.
La destruction d'une partie du réseau ne devait pas interrompre
toutes les communications.
Il devait comprendre un " reroutage
dynamique " : si l'une des liaisons du réseau était
attaquée, les données y circulant seraient dirigées vers les
autres.
ARPANET fut une véritable réussite
intéressant toutes les universités américaines.
Sa croissance considérable accentua la complexité de son
système de gestion.
Il se scinda alors en deux réseaux : MILNET pour les
militaires, et ARPANET pour les sites non militaires, qui peut
être considéré comme le premier maillon de l'Internet.
Ces deux réseaux étaient interconnectés grâce à un procédé
technique appelé IP (Internet Protocol). Il s'agit de
communications des données entre deux ordinateurs par
"paquets", qui est le principe du protocole connu sous
le nom de " TCP/IP ".
IP a été conçu pour permettre un
échange entre des milliers de réseaux composés d'équipements
informatiques différents. Jusque là il n'était question que de
deux ordinateurs reliés entre eux, puis de quatre ordinateurs,
puis de postes de travail. IP représente un " code de
la route " unique (13). Il permet à chaque station de
dialoguer avec les autres. C'est le ciment de l'édifice.
En 1986, sur l'initiative de la NSF
(National Science Foundation), ce fut la création de cinq
centres dotés de " supercalculateurs " :
gros ordinateurs extrêmement puissants et rapides. Puis
l'élaboration de son propre réseau beaucoup plus rapide pour
relier les grands centres : NFSNET.
Ce réseau fut un tel succès
qu'ARPANET disparut au bout de vingt ans. Avec NFSNET, l'INTERNET
grandit vite. Le réseau de réseaux planétaire devient encore
plus international. Il est le produit homogène issu d'une
multitude de réseaux individuels, qui se composent de nombreux
systèmes informatiques hétérogènes (particuliers,
entreprises, institutions gouvernementales,...). Aucune
autorisation n'est nécessaire pour s'y relier. Le nombre
d'utilisateurs que l'on peut joindre croit exponentiellement.
3. Du réseau
mondial à l'adresse personnelle : les outils de l'Internet.
L'objectif de l'Internet est de
permettre au plus grand nombre d'accéder, de partager voire de
confronter un maximum de connaissances et d'informations (6). Ce
réseau offre plusieurs types de services que l'on peut classer
en deux axes.
Un axe
" communication ", avec des outils manipulant
une information volatile :
- e.mail, ou courrier électronique, ou courriel : c'est un envoi
de messages sous format électronique, d'une personne à un ou
des destinataires, sur un réseau informatique.
- newsgroup, ou forum de discussion : lieu où les passionnés se
rencontrent de manière virtuelle.
Un axe
" information ", avec un outil fondé sur le
document contenant une information plus durable :
- www, ou world wide web, ou toile d'araignée mondiale, sur
laquelle transitent texte, photo, dessin, vidéo ou son.
- d'autres outils existent, qui seront volontairement ignorés,
car de plus en plus intégrés dans le www, donc transparents
pour l'utilisateur. Citons les simplement : gopher, wais, telnet,
ftp, archie...
a)
l'" e.mail ", ou
" electronic mail ", ou
encore courrier électronique ou courriel en
français.
Il représente le principal
intérêt d'Internet : la ressource primitive la plus basique
(10). E.mail est le plus petit dénominateur commun de la
communication informatique. Il présente plusieurs avantages par
rapport aux autres formes de communication : facile
d'utilisation, gratuit (ou presque), et rapide; moins formel que
le courrier classique, pouvant contenir des acronymes, et autres
caractéristiques particulières.
Toutes sortes de fichiers
numériques (12) incluant des images, sons, photos, et images
animées peuvent être envoyés par le courrier électronique.
Pourquoi utiliser le courrier
électronique ?
Plus rapide et plus souple que
le courrier classique, il suffit de quelques minutes pour
atteindre sa destination, donc réponse rapide également. Moins
d'effort physique que d'envoyer une lettre, il ne nécessite pas
de timbre, d'enveloppe, d'aller à la poste. Presque gratuit,
même si le message va à l'autre bout du monde : c'est en fait
le prix d'une communication téléphonique locale qui est
facturé à l'utilisateur. Plus commode que le téléphone, les
deux acteurs ne sont pas en " phase
simultanée ", ce qui autorise le temps de la
réflexion.
Plus riche que le fax, car il
permet la transmission de fichiers, de photos, de sons ou
d'images fixes ou animées, qu'il est possible de récupérer, et
de modifier ou mettre à jour éventuellement. Beaucoup plus
économique aussi que le fax : un facteur 10 pour des échanges
régionaux, et au-delà pour l'étranger. Enfin, le courriel,
contrairement au fax, permet de conserver le caractère
électronique des documents. Ceci peut entraîner des gains de
productivité. Il n'est plus besoin, par exemple, de retaper les
résultats d'examens de laboratoire.
L'envoi en nombre est possible
et facile : la même information peut être transmise
simultanément à différentes personnes. Avec l'e.mail, il n'est
pas rare d'obtenir une réponse dans les quelques minutes. Le
courrier électronique est en partie confidentiel, mais pas
complètement. Un destinataire peut décider de faire suivre le
message. Il est donc judicieux pour le médecin d'éviter tout
caractère nominatif relatif aux patients dans ses courriers.
Même si son équipement
informatique ne permet pas de profiter complètement du
multimédia, l'e.mail reste la fonctionnalité la plus accessible
pour le médecin utilisateur.
Au-delà de l'utilisation
simple de l'e.mail, il est possible de bénéficier de
fonctionnalités plus sophistiquées.
La " liste de
diffusion, ou " listserv", est la possibilité
d'associer à une adresse générique un ensemble d'adresses
électroniques. La liste elle-même dispose d'une adresse, et
tout ce qui est envoyé à cette adresse l'est également à
toutes les personnes de cette liste, qui à leur tour ont la
possibilité de répondre aux messages. C'est une sorte de
conversation en continu (10). Pour y accéder, il faut néanmoins
s'y abonner.
Par exemple, il existe une
liste de diffusion sur la sclérose latérale amyotrophique, où
un médecin généraliste, peu au fait de cette maladie, pourra
poser une question sur cette liste. Les réponses ne se font en
général pas attendre.
b) newsgroup,
ou forum de discussion
L'Internet permet les échanges
d'idées, d'informations, sur une variété de sujets au sein de
groupes, forums, ou " newsgroups ". On peut
suivre les débats en spectateur, ou y participer. Ils sont
différents des listes de discussion : les contributions sont
réunies sur un même serveur. Pour les consulter, il faut se
connecter au serveur du forum.
Il y a un nombre croissant de
forums et de listes de diffusion concernant les sujets de
" la santé ". On peut en recenser plusieurs
centaines. Ils sont parfois modérés, c'est à dire régulés
par une personne chargée de supprimer les interventions non
pertinentes, et en évitant les
" informations-bruit "(informations non
pertinentes auquel on a accès), afin de préserver le caractère
attractif de ce forum.
Il ne faut pas confondre forums
et listes de diffusion. Si, dans les deux cas, chaque personne
peut être rédacteur et lecteur, tous les messages sont
centralisés et affichés dans un endroit unique pour les forums,
alors que pour les listes de diffusion, l'envoi est
personnalisé, automatique et itératif dans votre boite
électronique. C'est donc essentiellement le mode de diffusion du
message qui diffère, le contenu de celui-ci pouvant être en
tout point identique.
c) le www, ou
world wide web
Littéralement
" toile d'araignée mondiale ", il est le
plus récent des outils de recherche d'information accessible sur
l'Internet. Le www est une réussite absolue dans la tentative de
rendre la recherche d'information rapide, puissante, intuitive
(11).
Il fournit une interface
conviviale.
Le www est issu de la
technologie d'"HYPERTEXT" ou plus justement
" HYPERMEDIA "
Cette technologie traite, outre
le texte, des images graphiques et du son. Elle permet la
navigation entre documents rattaches par des liens préexistants.
Un lien hypermédia (ou
hyper-lien) est signalé par du texte souligné (hypertexte), ou
par des images où l'on peut cliquer (quand vous placez la souris
sur l'image, la flèche se transforme en main)
Lorsque l'on se trouve sur une
page intéressante, on peut y mettre un signet (en anglais :
" bookmark "), pour s'y référer plus
facilement par la suite. On se crée ainsi un répertoire
d'adresses (" url ") utile.
Lorsque l'on effectue des
recherches dans une bibliothèque conventionnelle, sur un sujet
que l'on connaît peu, on commence généralement par une
information réduite, telle un thème.
Nous cherchons des informations
sur ce thème, dans la " base de données "
de la bibliothèque, constituée de petites fiches rangées
dans des tiroirs. Toutes sortes de nouvelles idées peuvent alors
apparaître et demander d'orienter la recherche vers d'autres
thèmes. Il faut inévitablement sélectionner une idée, et
abandonner les autres, ce qui peut au final nous amener loin du
thème d'origine. Parfois, il est nécessaire de revenir en
arrière, pour choisir une autre option, et cela constitue une
nouvelle recherche.
L'Hypermédia " organise
les données, de sorte que ce type de recherche d'information
soit facilité. Il est possible de suivre une direction voulue,
et de revenir en arrière, sans difficulté, et à tout moment.
Les informations des
bibliothèques conventionnelles sont organisées de façon
hiérarchique. Ses classements ne laissent absolument pas
transparaître les relations susceptibles d'exister entre deux
informations.
Avec hypermédia", les
informations sont organisées les unes avec les autres, et non
individuellement. Un même groupe d'informations peut être
classé de façons différentes, en même temps. Dans une
bibliothèque, un livre ne peut être placé sur plusieurs
étagères à la fois.
hypermédia" n'a aucun
problème à établir des liens entre les différents thèmes.
Il nous encourage donc à
suivre des voies non linéaires (11) dans la recherche
d'informations; Cette possibilité de travailler " en
arborescence ", stricto sensu, sous forme de graphe,
s'avère plus exhaustive et plus performante.
Le plus remarquable avec le
web, c'est qu'il crée une navigation distribuée à l'échelle
planétaire, avec des liens entre différentes informations du
monde entier, situées dans différentes machines et bases de
données, de façon transparente pour l'utilisateur.
Le web utilise le protocole de
communication " http ", ou " hyper
text transfer protocol ", et une norme de documents
" html ", ou " hyper text markup
language".
" http "
est utilisé pour transférer l'information sur le web. La
connexion " http " ne dure que le temps
nécessaire pour que le programme de lecture spécifique demande
la page web, ou l'image, et qu'elle soit envoyée sur le serveur
web.
" html "
définit les aires de texte en les
" étiquetant " par des
" préfixes ", qui vont définir la forme
effective d'affichage à l'écran de ce texte : par exemple, mot
souligné ou en
italique... (11).
En 1997, il n'est plus
nécessaire de connaître le langage " html "
pour créer un site web.
Avec les outils standards de
bureautique (traitement de texte, tableur), on peut
automatiquement créer des documents
" html ".
" url ", ou
" uniform related locator " est l'adresse
d'une page web, l'adresse d'une ressource sur Internet. C'est
cette adresse que nous pourrons écrire, comme étant le moyen le
plus direct d'accès à la page.
Si nous prenons l'exemple de
l'adresse :
http://www.chu-rouen.fr/documed/rev.html
La première partie identifie
le protocole de communication :" http ", et
donc un site web.
La deuxième partie indique
l'adresse du site web : " www.chu-rouen.fr ",
c'est à dire de manière évidente, le CHU de Rouen. Cette
adresse se décompose en trois éléments.
" www " est
un standard non obligatoire, pour indiquer qu'il s'agit d'un site
web. " chu-rouen " est le nom du domaine de
l'Hôpital de Rouen. " fr " est le code en
deux lettres de la France.
La dernière partie renseigne
sur le répertoire, le sous-répertoire, le fichier. Dans
l'exemple " documed " est un répertoire
documentaire, et " rev.html " est l'adresse du
document html.
Il est enfin important dans une
adresse " url " de respecter strictement les
majuscules et minuscules, et tous les caractères de ponctuation.
Pour accéder à une quelconque
ressource d'Internet, il est nécessaire de connaître ou trouver
son adresse " url ".
" web
browser ", ou navigateur (ou encore
" butineur " chez les québécois), est
l'appellation du programme de lecture, ou de
" balayage " des informations. Parmi ces
programmes, on peut citer les bien connus
" Netscape " et " Internet
Explorer ".
Le web est un monde riche et
fascinant. Pour l'utilisateur averti, cette richesse est vécue
comme un aspect totalement positif. Pour l'utilisateur de
l'Internet néophyte, ou peu régulier, cette richesse risque
d'être perçue avec appréhension; " Ne pas s'y
perdre " devient le leitmotiv. Les guides, les outils
d'aide existent; encore faut-il les connaître, et savoir
" qui fait quoi ".
Les
" moteurs " et les " répertoires
tous publics " participent largement à cette aide.
Il faut comprendre que le web
n'a pas de répertoire central, ce qui tend à désorienter le
médecin généraliste. Il est habitué, au-travers des
recherches livresques traditionnelles à trouver un répertoire
central, comme le point de référence duquel on part, et auquel
on revient lorsque l'on s'égare.
Il faut aussi comprendre une
autre rupture d'habitude avec la recherche traditionnelle. Une
recherche sur Internet doit être abordée avec l'idée de la
remise en cause systématique de l'information trouvée.
Contrairement à l'existant, fondé sur les comités de pairs,
l'information disponible sur le réseau n'a pas été évaluée
par ceux-ci, dans l'extrême majorité des cas.
Le moteur de recherche (ou
" search engine ") (18), va permettre la
recherche " en texte intégral ".
Ceci signifie que n'importe
quel mot peut être posé comme un critère de recherche, car le
moteur a établi préalablement une " indexation
automatique " de tous les mots de la page.
En inscrivant très simplement,
dans des zones prévues à cet effet, le ou les mots qui sont
significatifs de ce que l'on cherche, en les entrecoupant de
" et " et de " ou ", pour
affiner la démarche, on peut obtenir, simplement et directement,
les " pages web " en réponse.
Le plus célèbre de ces
moteurs est " AltaVista " (7), recevant les
meilleures critiques, tant pour son vaste contenu, que pour sa
procédure de recherche.
Ce type d'indexation
" automatique " est à opposer à
l'indexation " humaine ", qui va procéder
par un choix sélectif de " mots-clés ".
L'indexation automatique vaut par son exhaustivité, l'indexation
humaine par sa précision. Pour " trancher ",
s'ouvre alors le débat de la " pertinence ".
Nous reviendrons sur cet aspect au-travers de l'étude des
" bases documentaires ".
Le
" répertoire ", ou
" catalogue-sujet pourvu d'un moteur de
recherche ", se distingue du
" moteur " par sa classification préalable
en catégories, afin de limiter le périmètre de recherche, et
d'améliorer la pertinence et la performance. Leur contenu est
indexé par des personnes, et non par des robots informatiques.
Ces améliorations peuvent
être perçues comme étant plus théoriques qu'effectives. On se
prive en effet, dès le départ de la recherche, d'un élément
fondamental de l'usage de l'Internet : l'ouverture totale vers un
volume d'information maximum.
De plus, il n'est pas toujours
évident de comprendre quel est le périmètre exact du secteur
de répertoire. Est-ce que la rubrique
" santé " est adéquate pour une recherche
médicale professionnelle ?
Le plus connu de ces
répertoires est " Yahoo " (7), bon
catalogue-sujet, doté d'un interface de recherche performant,
par interrogation à l'aide d'un formulaire.
L'affinage des recherches peut
aussi passer par le recours aux limitations de type
géographique. Il existe des serveurs français, des serveurs
européens...
Si on peut y trouver
d'évidence l'avantage de la langue, on y trouvera aussi le même
type d'inconvénient " limitatif " du
répertoire.
Il existe enfin des
répertoires de type professionnel.
Au rang de ceux-ci, on trouve
bien sûr nombre de " répertoires
médicaux ".
Ces répertoires sont très
variés dans leurs volume, qualité, intérêt, pérennité.
Ceux-ci seront étudiés en
détail dans le paragraphe relatif aux " bonnes
analyses et bonnes approches de l'outil "
En France, le pionnier et le
leader sont reconnus dans le web du CHU de Rouen.
4. Comment
se connecter
Accéder à l'Internet est
très facile (9).
On a besoin :
.d'un ordinateur, que l'on
branchera sur le réseau pour qu'il soit connecté aux
différents serveurs
.de logiciel de connexion à
l'Internet, pour communiquer selon le protocole TCP/IP
.de logiciel applicatif, tel
que Eudora pour le courrier électronique, et Netscape ou
Internet Explorer pour accéder au web
.d'un modem, relié à
l'ordinateur et connecté à une prise téléphonique classique,
chargé de faire passer au-travers du réseau téléphonique les
données numériques émises par les ordinateurs. Cette solution,
la plus économique à ce jour pour un médecin généraliste
isolé, peut être avantageusement remplacée par une connexion
à l'Internet via le réseau numérique Numéris, qui améliore
à la fois le débit, et la qualité de service. Le surcoût est
de l'ordre de 1000 à 2000 francs par an. Une troisième solution
est en train d'apparaître, sans doute la plus prometteuse (en
attendant mieux...) : la connexion par le câble. Celle-ci a le
mérite de permettre des débits largement supérieurs à
Numéris, avec une qualité de service là aussi améliorée. Le
second avantage est économique. L'abonnement au câble est
forfaitaire. Les cyber-médecins " enragés "
y trouveront leur compte.
.d'une ligne de téléphone.
La ligne habituelle du domicile peut suffire si l'utilisation est
peu fréquente.
.d'un fournisseur d'accès à
l'Internet. Pour le prix d'un abonnement, ces prestataires
établissent effectivement la liaison entre son ordinateur et
l'Internet.
Selon différentes
informations, fournies par des responsables de sites Internet
français, la fourchette des médecins libéraux connectés à
l'Internet au début de l'année 1997 se situe entre 1 000 et 2
000. L'obligation de posséder un micro-ordinateur connecté au
futur réseau " Santé Sociale ", lui-même
connecté à l'Internet, implique que ce chiffre devrait en
théorie atteindre dans les deux ans les 300 000. Néanmoins, la
prudence reste de mise quant à la réalisation de cet objectif.
B./
L'apport de l'Internet dans l'exercice quotidien du médecin
généraliste.
Le monde de
l'Internet est un monde vaste et fascinant, presque sans
frontières. Les techniques déployées " en
arrière-plan " sont sophistiquées, mais l'approche de
l'utilisateur reste très simple. Les champs de connaissances
concernés par l'Internet sont eux aussi presque infinis.
Au-delà de cette
vision globale du système, et de son potentiel gigantesque, il
faut maintenant envisager l'approche pratique, factuelle, pour le
médecin généraliste, dans son exercice quotidien.
Il ne s'agit plus
de savoir si les serveurs et les adresses se comptent en milliers
ou en millions. Il s'agit de comprendre comment le médecin
généraliste va quotidiennement
" fréquenter " l'Internet, et surtout de
comprendre quels types de bénéfices il va pouvoir en retirer.
Il ne s'agit plus
de disserter sur la grandeur de la technique. Il nous faut
comprendre l'Internet en termes de " valeur
ajoutée ", par rapport aux moyens déployés
traditionnellement par le médecin généraliste dans le recueil
des informations : la consultation des revues, des livres, des
encyclopédies; la participation aux séminaires spécialisés,
à des cours relevant de la formation continue.
Cette valeur
ajoutée, nous pouvons l'apprécier sous deux angles :
. celui de
l'information en tant que telle, dans sa nature, sa richesse, sa
qualité.
. celui de la
communication de cette information, dans sa performance et dans
sa facilité.
1. Plus
d'informations, par le recours aux " bases
documentaires ", aux " banques d'informations
et de connaissances ", aux " journaux
électroniques ".
L'Internet peut être
considéré comme la plus grande
" bibliothèque " du monde, et donne à
l'information qu'il diffuse une caractéristique fondamentale, et
distinctive, c'est son universalité.
Universel signifie
international.
L'information est nourrie
par des médecins, des chercheurs, des centres hospitaliers de
tous pays. La notion d'" information française ou
non " n'est plus un critère dominant.
La seule limite à
l'universalité effective de cette information est la barrière
du langage. Il est clair que la pratique de l'anglais apporte un
bénéfice supplémentaire considérable dans l'usage de
l'Internet. La lecture de l'anglais est un critère nécessaire
mais non suffisant pour tirer le réel bénéfice de l'Internet.
Ne pas rester " bulbaire ", conserver son
esprit critique devant une information le plus souvent non
validée, voilà le plus important.
Universel signifie aussi
vulgarisé, au sens noble du terme.
Le matériel requis n'est
plus, ou ne sera plus dans un délai très bref désormais, un
obstacle à l'" approche Internet ". Il ne
s'agit pas de considérer seulement une
" élite " médicale, sensibilisée à
l'approche de nouvelles expérimentations, mais bien à tout
médecin généraliste, dans sa pratique quotidienne.
Universel signifie enfin
ouvert.
Une ouverture sans limite
ni contrainte. Il n'y a pas autant d'abonnements que de revues.
Il y a un " sésame " qui ouvre toutes les
portes de la connaissance.
Là aussi, le bémol est
créé par l'apparition de " domaines
payants " au sein de l'Internet. Mais ce sujet,
important en lui-même sera exploré dans un paragraphe suivant.
Il pourrait être
réalisée une thèse sur la valeur distinctive des
" bases de données ", des " bases
documentaires ", ou des " banques
d'information ".
Le sujet fait couler
beaucoup d'encre.
Pour renoncer à toute
polémique, nous admettrons que les " bases
documentaires " sont des structures formelles de
stockage d'informations intégrant des possibilités plus ou
moins sophistiquées de recherche de cette information.
Les bases documentaires
peuvent s'analyser sous deux aspects : celui du stockage de
l'information, et celui de sa recherche.
A la différence d'une
" simple" base de données, une véritable base
documentaire va intégrer, au-delà des informations
" modélisées ", des informations
" libres "; Et surtout établir un processus
de recherche " intelligente " de
l'information.
Toute information
médicale n'est pas " structurable ".
Si on peut numérer,
classifier, mettre en " cellule ", l'âge et
le poids d'un patient, il est difficile de faire la même chose
pour " mettre en boite " un article complet
sur l'état de la recherche à propos d'une maladie donnée.
Le " texte
libre " doit rester libre pour préserver sons sens et
sa compréhension.
Il existe deux méthodes.
La première consiste à
créer des zones de textes spécifiques, que l'on va désigner
comme " mots-clés ". La recherche pourra et
devra s'effectuer à partir de ces mots-clés.
Les limites et les
contraintes inhérentes à ce système sont évidentes.
Qui va décider que tel
mot est un mot-clé et pas tel autre? En fonction de quels
critères? Quel aspect va prévaloir entre " l'avis
purement médical ", et l'avis
" technicien " du documentaliste. La
recherche n'est pas " naturelle " : la
question doit être posée en fonction des mots-clés, qui n'est
pas à priori sa forme d'origine, en langage dit
" naturel ".
Cette première méthode
a été imaginée et conçue à une époque où la mémoire des
ordinateurs restait une matière (particulièrement) rare et
chère. L'économie de mémoire générée par la limitation du
nombre d'index était alors très appréciable. Cet argument
n'est pratiquement plus un argument à retenir aujourd'hui.
Le véritable argument
pour l'usage aujourd'hui de cette première méthode réside en
fait dans sa pertinence par la précision qu'elle autorise.
Le
" mot-clé " est un terme choisi pour son
absence d'ambiguïté et de redondance. L'analyse du texte et son
indexation deviennent le travail de véritables professionnels,
les analystes et indexeurs. Au-delà d'une véritable
compétence, ce travail nécessite du temps : il faut estimer par
exemple 15 à 30 minutes pour chaque indexation dans Medline.
Parmi les différents
" modèles " de recherche " par
mots-clés ", on trouve le " modèle
simple ", le " modèle pondéré ",
(ou l'utilisateur va pondérer ses descripteurs suivant un
algèbre prédéfini qui va ordonner la recherche), le
" modèle de l'indexation pondérée ", (ou
cette fois l'indexeur va faire ce travail de pondération), et le
" modèle avec thesaurus ", le plus
sophistiqué, le plus performant, celui qu'illustrent
parfaitement la pertinence et la réputation de Medline.
Il faut savoir que c'est
le thesaurus " Mesh ", ou " Medical
Subject Headings ", conçu par la National Library of
Medecine, USA, qui permet un type d'interrogations
" par thesaurus " de la base de données
bibliographiques Medline (mais il y a 19 autres types
d'interrogation possibles de Medline).
Aujourd'hui, le
" Mesh " contient 1600 mots-clés
hiérarchisés en 8 niveaux au maximum.
Cette hiérarchisation
demande une grande rigueur dans la définition de l'arborescence,
mais permet une recherche dite " explosée ",
c'est à dire sur de multiples mots-clés, avec hiérarchisation.
Les bénéfices en sont :
finesse de recherche, finesse du résultat, gain de temps.
Les contraintes sont de
comprendre et d'apprendre le thesaurus.
La seconde méthode
consiste à considérer l'intégralité du texte, et donc des
mots qui le composent, comme possibles critères de recherche :
c'est la méthode de la recherche " plein
texte ".
Il n'y a plus de choix
distinctif, ou de valorisations particulières. La conséquence
immédiate est la simplification de la recherche, qui peut
s'effectuer en " mode naturel " : chercher un
texte qui contient les mots " alpha " et
" bêta ", ou " lambda ",
en dehors de toute " nomenclature
préétablie " .
Cette seconde méthode
peut apparaître comme théoriquement parfaite pour la qualité
des résultats de la recherche.
En réalité, son degré
de performance reste souvent décevant.
Le pourcentage semble se
situer aux alentours de 20% pour la part des documents pertinents
effectivement retrouvés via ce type de recherche.
Si l'on définit le
silence comme l'existence de documents non retrouvés lors d'une
recherche, et le bruit comme l'existence de documents non
pertinents retrouvés, nous pouvons caractériser la recherche
par mots-clés comme générant un faible bruit, mais un silence
important, alors que la recherche plein-texte se caractérise par
un faible silence mais un bruit très important (5).
Les recherches se
dirigent actuellement vers l'usage de techniques nouvelles.
Afin de pallier les
faiblesses de la technique du plein-texte, on étudie des
systèmes intégrant des analyses préalables du texte. La
recherche intégrera alors la notion de fréquence relative du ou
des critères choisis, afin de réduire les phénomènes de
" bruit ". Là aussi, malheureusement, la
recherche n'a pas encore prouvé une efficacité suffisante.
Il est de fait que,
aujourd'hui, la base la plus célèbre du monde médical,
" Medline ", reste une base indexée. Une
part de son succès est sans doute issue de la qualité de cette
indexation, qui a d'ailleurs donné naissance à une norme, la
norme " ISO 2788 ".
Le concept de
" banque d'informations et de
connaissances " est plus récent, quoique assez voisin
de celui de " base documentaire ".
La notion de
" banque " induit, par rapport aux bases
documentaires, une cible et des sujets " plus
larges ".
Par ailleurs,
l'intégration de cette notion de
" connaissance ", au-delà de la notion
d'" information ", induit la transformation
des informations de base, par une série d'opérations, comme le
raisonnement dans les systèmes experts ou les probabilités dans
les systèmes Bayésiens.
On peut citer, parmi ces
banques, l'exemple illustratif de la " On Line
Mendelian Inheritance in Man ", ou
" OMIM ", du John Hopkins Hospital,
décrivant 6 000 syndromes
héréditaires (6).
La valeur ajoutée de
l'Internet, c'est aussi la possibilité d'un recours plus large,
plus facile aux publications et journaux divers, renommés dans
leur "nouvel habit", " journaux
électroniques ".
De nombreux périodiques
ont un serveur sur Internet. Même si les services proposés
peuvent revêtir différentes formes, on peut cependant parler
d'un accès plus large et plus facile : l'abonnement préalable,
l'attente de la réception à domicile à une date donnée,
disparaissent.
Il n'est pas réaliste
d'imaginer un praticien abonné à presque toutes les revues
médicales de la planète. Mais il est concevable pour lui de
" pousser " une recherche, via l'Internet,
au-travers de plusieurs dizaines de " journaux
électroniques ", en quelques minutes.
On peut trouver des
revues totalement plein-texte, c'est à dire que le serveur
propose plusieurs articles complets, comme si nous avions sous
les yeux la revue sur papier.
Par exemple, le serveur
de l'a" Emory University Health Science
Library " propose une liste de journaux et lettres
électroniques en plein-texte, mais aussi un résumé des
articles, les sommaires des différents périodiques, avec un
lien hypertexte pour aller vers l'article en intégralité. Ce
type de service est néanmoins exceptionnel : comment pourrait
survivre un périodique si ses lecteurs pouvaient consulter
gratuitement et sans abonnement un exemplaire unique ?
D'autres revues ont une
attitude médiane, partiellement plein-texte, comportant les
sommaires, les résumés d'articles les plus importants, et les
instructions aux auteurs, (c'est à dire les conseils donnés aux
auteurs potentiels d'articles, pour leur indiquer le mode de
rédaction de leurs " papiers ", afin d'être
publiés dans une revue).
L'une des premières
revues médicales à avoir ouvert un site web, et à adopter
cette attitude progressiste, est le célèbre
" BMJ ", ou " British Medical
Journal ".
Il est à noter que,
c'est dans ce même BMJ, que l'on a pu obtenir les premières
informations de qualité, sur la " maladie de la vache
folle ", dès le début de la crise en Europe.
Une consultation
précieuse pour répondre aux nombreuses questions des patients.
La " vitrine
électronique " de ces journaux, au-delà de l'aspect
de facilité de consultation, apporte un autre plus : la
possibilité, en direct, d'ouvrir un dialogue avec l'équipe
rédactionnelle du journal. On peut ainsi poser une question,
apporter une suggestion.
2. Plus de
communication
L'information foisonne.
Encore faut-il qu'elle soit mise à disposition, donc
communiquée.
Simplement, rapidement,
efficacement.
De l'échange d'informations
de confrère à confrère, de confrère à établissement
hospitalier (2), laboratoire
d'analyses, organisme officiel..., jusqu'à la création de
véritables " communautés électroniques ",
le potentiel de communication représenté par l'Internet est
immense. L'Internet offre une valeur ajoutée considérable en
termes de facilité d'usage, d'ouverture, et d'efficacité
résultante.
Comment ne pas être
impressionné par exemple par le partage des compétences, et
au-delà leur potentialisation, que représente la réunion dans
la conférence MEDLIB de 1 500 bibliothécaires de toute la
planète. On peut parler de " mise en réseau des
cerveaux ".
Les principaux outils de
communication de l'Internet s'appellent e.mail, newsgroups ou
forum, listes de diffusion.
L'a" e.mail "
est l'unité communicative la plus simple.
Avec
l'a" e.mail ", tout médecin généraliste
peut correspondre avec un confrère situé à l'autre bout de la
planète, pour le simple prix d'une communication locale. Il n'a
pas besoin de formation particulière pour envoyer ou recevoir un
message. Une " familiarisait " de quelques
minutes suffit à être opérationnel.
Deux médecins connectés
peuvent ainsi confronter leurs diagnostics et prescriptions, en
s'échangeant les documents numérisés de leurs patients.
Demander un avis
radiologique, en prenant acte des limites, en termes de
sécurité, via
l'e.mail, est un exemple
illustratif de la praticien et de l'efficacité du
" moyen Internet ".
Le Professeur Azancot, qui
travaille depuis vingt-cinq ans sur le problème de la
transmission des images, en cardiologie interventionnelle, a un
témoignage évocateur :
" L'intérêt
potentiel de cette technique (Internet), c'est que n'importe quel
cardiologue interventionnel, qui aurait besoin d'un avis, peut
immédiatement transférer cette image, en temps réel, à son
correspondant, et mon correspondant peut me donner son avis, et
me montrer le type de matériel que je dois utiliser. C'est une
assistance extrêmement précieuse dans certains cas, où un
médecin se trouve isolé. "
La rapidité de
transmission, quasi-instantanée, est aussi un facteur
déterminant de supériorité par rapport au courrier postal
classique. Quand le patient, qui sort de l'hôpital, arrive chez
son médecin généraliste, son dossier l'a précédé avec
l'usage de l'e.mail. Il peut y avoir une réelle continuité (14)
des soins.
Il est par ailleurs facile
de générer une large liste de récipiendaires pour un message
donné.
C'est le principe de la
" liste de diffusion ".
Quelques secondes suffisent,
et le coût est toujours minime, quasi-négligeable. Il est
possible de se créer des " listes " qui
permettront une diffusion large et préétablie.
Dans ce cadre, on peut
imaginer dans un futur proche le recours généralisé à
l'e.mail pour des communications stratégiques ou urgentes, entre
laboratoires, organismes publics de santé, chercheurs et
médecins généralistes.
L'utilité et l'efficacité
de ce mode de communication ont été très bien mises en valeur
par une récente publication du BMJ (15), évoquant l'utilité
flagrante du e.mail, au-travers de listes de diffusion, pour la
communication d'un démenti en réponse à une
" fausse-alerte " concernant un médicament.
La déficience du service
postal, associée à la déficience du système " en
cascade " de fax du " Commitee of Safety of
Medecines ", aux Etats-Unis, font apparaître l'e.mail
comme l'outil idéal à la propagation rapide et sure d'une
information urgente (notamment en pharmacovigilance).
L'aspect économique de la
question est aussi abordé, en termes de relativisation entre le
coût relativement faible de " l'équipement
Internet " pour le praticien, et les larges économies
sur les modes de transmission classiques. Mais le vrai gain est
celui de l'efficacité.
Enfin, l'Internet va offrir
toute facilité au mode de communication " en
groupe ", appelé " newsgroups ",
ou forums.
Ce moyen permet une
conversation continue. Il est un moyen d'échanges et de débats
entre praticiens. Il génère également un nouveau type de
relations entre des personnes qui ne conversent à un instant
donné que parce qu'elles ont un intérêt commun.
Des dizaines de personnes
fréquentent chaque jour le forum consacré au cancer de la
prostate, ou à la radiologie. Ces forums sont fréquentés aussi
bien par des patients que par des médecins (3). Cette
caractéristique duale, propre à nombre de forums, ouvre la
question fondamentale de la qualité de l'information transmise,
de sa validité, de sa " certification ".
En général, plus le débat
est spécialisé, plus les échanges sont susceptibles d'être de
qualité : le niveau de discussion exclut les interlocuteurs qui
ne sont pas réellement intéressés.
Enfin, avec le courrier
électronique, l'atout essentiel est de pouvoir transmettre tout
type de " document " : du texte, de l'image,
et du son.
En matière d'image, il est
important de comprendre que c'est le " fichier
original " qui est transmis. Ceci signifie qualité
d'image à l'arrivée. Ceci signifie un avantage notoire, si l'on
se réfère en comparaison à la télécopie classique, (ou fax
).
En matière de texte,
transmettre un fichier original signifie que l'on peut reprendre
et modifier directement le fichier pour créer un nouveau texte.
Là aussi, gain de temps et efficacité sont à la clé.
Un exemple illustratif de
cette praticité peut être cette propre thèse. La composition
du document, exécutée sous un traitement de texte classique, a
été transmise pour appréciation au directeur de thèse,
régulièrement, en " fichier attaché " via
le courriel d'Internet. Ce processus a permis des remarques et
suggestions " en direct " du destinataire,
sans perte de temps, et sur une base de travail unique.
3.
Les applications avancées
Au delà de la simple
collecte d'informations, de la communication, des applications
médicales interactives apportent au médecin connecté une aide
précieuse dans l'exercice quotidien de leur activité, proposant
aux praticiens des modules d'" aide à la
prescription " et d'" aide au
diagnostic ". Par exemple, on peut citer la
" Banque d'Informations Automatisées sur les
Médicaments de Boulogne ", ou la
" BIAM ".
L'Internet, à moyen
terme, devrait s'enrichir de services plus sophistiqués, comme
des applications de formation médicale continue, à la fois
multimédia, interactives, et validantes. Le médecin
généraliste, soumis à l'obligation quinquennale, aura la
possibilité de valider sa formation médicale continue, à
l'exemple de nos homologues américains.
4.
L'Internet pour le patient
Il ne faut pas
négliger que le patient, de son côté, dispose à priori des
mêmes moyens et de la même facilité d'accès à l'Internet. La
" curiosité " pour tout ce qui touche de
près ou de loin au domaine de la santé, et à sa propre santé,
est naturellement aiguisée chez ce même patient. La demande
existe, l'outil est accessible, et au surplus, on peut estimer
aujourd'hui que 90% environ des
" informations-santé " sur Internet sont
libres d'accès. C'est à dire qu'elles ne nécessitent aucun mot
de passe, code confidentiel, identification professionnelle et
abonnement préalables.
L'enjeu n'est donc
pas mineur.
Il faut néanmoins
reconnaître à cet état de faits un aspect tout à fait
favorable. Un nombre croissant de forums de discussion, créés
et animés par les patients et souvent des associations
attachées, permet à ceux-ci de pouvoir dialoguer, en toute
liberté, avec d'autres patients, de tous horizons. C'est une
forme pratique de " partage d'expérience ".
Ne serait-ce qu'au plan psychologique, cette " rupture
d'isolement " peut être bénéfique.
Au demeurant, les
inconvénients de la situation sont nombreux, et parfois lourds.
Qui dit Internet
dit profusion d'informations. De l'information diffuse et non
contrôlée, qui est la " matière
première " de l'Internet, à l'information validée et
sélectionnée comme pertinente, il y a un espace que seul un
professionnel de la santé peut franchir. c'est tout le débat de
l'information et de la connaissance qui est réouvert avec cette
mixité d'usage professionnel-néophyte dans l'Internet, et en
particulier dans les domaines relatifs à la santé.
Les conséquences
directes peuvent être la génération de situations
conflictuelles (4) entre médecin et patient, par suite de
mauvaise assimilation d'informations de ce dernier, ou encore par
des demandes " maximalistes " du patient
abreuvé des dernières techniques en expérimentation limitée
ou à coût prohibitif.
A l'heure où
notre système de protection sociale nous engage à raisonner de
plus en plus en termes économiques, ce risque de
" dérive maximaliste " du patient devient un
vrai risque pour le médecin généraliste, qu'il faut anticiper
et gérer. Que celui-ci décide de se familiariser aussi avec
l'Internet devient, à fortiori, une démarche utile, voire
nécessaire.
5. Attention aux
" débordements "
La population de l'Internet double tous
les 18 mois, et la tendance s'accélère.
Il est aisément compréhensible que ce
type de croissance porte en lui un potentiel de problèmes, qui
sont loin d'être réglés.
Sous l'étiquette " victime de
son succès ", les remarques foisonnent en particulier
sur la dégradation des " temps de réponse "
du système, pour la connexion, et pour l'affichage des
informations.
Vu sous l'angle de l'usage médical,
l'Internet apporte d'autres types de questions, plus
spécifiques.
La première d'entre elles est la
question de la validité de l'information.
On ne saurait pratiquer la médecine sur
la base d'informations " peut-être "
validées. On ne saurait trop se mettre en garde de la confusion
entre rubriques " santé " et rubrique
" médecine ". On peut s'inquiéter de
l'effet parasite d'une trop large diffusion d'informations,
lorsque l'on entend sur une chaîne de télévision nationale, en
France, en 1997, une animatrice recommander le recours à
" l'automédication facile, grâce aux informations
relevées dans Internet ".
Sécurisation, filtrage, identification,
sont des mesures que nombre de sites
" médicaux " ont entrepris sur la base des
craintes relevées précédemment. C'est un investissement non
négligeable. C'est aussi une démarche qui n'a pas encore
trouvé un concept et une définition homogènes, partagés et
appliqués.
L'autre grand risque dans l'usage de
l'"Internet médical ", c'est ce que l'on pourrait
appeler la " noyade ". Trop d'information tue
l'information. Filtrage et sélection, avec le recours des bons
conseils des " experts " de la profession et
l'usage de sa propre expérience, sont nécessaires pour éviter
cette noyade.
C./
Les bonnes sources d'information, les bonnes approches : les
sites ou serveurs
Comme nous
l'avons vu précédemment, Internet donne accès à des milliers
de serveurs, de bases de données riches, d'images de qualité.
Mais ces sites
qui fournissent l'information sont disséminés sur le web, et on
trouve une très large variété de données sur le web médical.
Il est parfois difficile quand on effectue une recherche de ne
pas se laisser " noyer " en surfant sur le
" net ".
L'objectif de
ce chapitre est donc de citer quelques sites médicaux, français
ou francophones, et mondiaux, susceptibles d'apporter une valeur
ajoutée significative dans l'exercice quotidien du médecin.
Les
différents sites, ou serveurs, seront répertoriés en fonction
de leurs caractéristiques principales, ou
" types ".
a) les
serveurs de type index
a1) CHU de
Rouen : http://www.chu-rouen.fr
Le web du CHU
de Rouen est le premier web créé par un hôpital en 1995. Il
est donc pionnier, mais surtout aujourd'hui le leader et le site
"de référence " de l'Internet médical en
France. Il se démarque par la richesse de son contenu et la
cohérence de sa structure.
Les pages web
sont constamment remises à jour.
Une recherche
sur les pages du serveur est possible grâce au logiciel
" Excite ".
Trois types
d'entées sont possibles. Soit par les sites-annuaires, tels que
Medical Matrix. Soit par les thèmes traités : les différentes
spécialités médicales. Soit par les têtes chercheuses de
l'Internet : Alta Vista, Lycos, Yahoo...
La
spécificité de ce serveur est surtout d'être une
" porte d'entrée " à nombre d'autres
serveurs, ce qui peut aider notoirement à la rapidité et
l'efficacité des recherches .
On peut
accéder ainsi à une liste importante de bibliothèques
médicales dans le monde. Par exemple, " Medical
Libraries Emory University Health Science Center
Library " est directement accessible, par lien
hypertexte.
La
quasi-totalité des serveurs médicaux français et francophones,
mais aussi les meilleurs sites mondiaux, sont répertoriés dans
ce serveur.
Ce serveur est
donc intéressant, tant pour l'internaute averti que pour le
néophyte (3).
a2) Medweb
: le serveur de l'Université américaine d'Emory à Atlanta :
http://www.cc.emory.edu/WHSCL/medweb.html
Il est le plus
épais annuaire de l'Internet médical. Il contient plus de 8 000
références. C'est l'index le plus exhaustif " des
ressources biomédicales de l'Internet ". Il est remis
à jour très régulièrement. La recherche se fait de manière
simple. Deux méthodes sont possibles : soit recherche par
mots-clés, soit recherche par catégorie correspondant aux
différentes spécialités médicales et par ordre alphabétique.
a3) Medical
Matrix : http://www.slackinc.com/matrix
Ce serveur
présente une sélection de ressources en médecine clinique,
remise à jour continuellement. Il est moins exhaustif que
Medweb, mais de richesse comparable. Les sites médicaux les plus
intéressants y sont aussi classés par spécialité et par
maladie. Ils sont même gradués sur une échelle de une à
quatre étoiles, en fonction de leur valeur estimée.
Medical Matrix
est devenu une importante base de données des ressources
cliniques de l'Internet, contenant environ 2 300 sites.
L'objet de
Medical Matrix est ambitieux : d'abord fédérer les efforts
internationaux et inter-institutionnels. Ensuite, produire un
outil médical, conduit par un engin de recherche
" intelligent ", et qui peut fournir
instantanément des informations en mode
" multimédia ", pour aider à la décision,
à tout moment de la consultation.
Medical Matrix
sera bientôt régi par un format de base de données, comme
Medline, incluant une recherche par " MeSH ",
ou " Medical subject headings ".
Enfin, le
point fort de Medical Matrix est de savoir mettre en valeur de
manière distinctive ses informations nouvelles, avec mises à
jours plusieurs fois par mois.
a4)
Mic-Kibic, de Karolinska Institute, Suède :
http://www.mic.ki.se/Diseases/index.html
Ce n'est pas
un index comme les autres. Il recense les informations
disponibles sur l'Internet, en fonction des pathologies. Il
pointe directement sur la page appropriée, et non sur la page
d'accueil du serveur. Ce système épargne donc la classique
lenteur d'affichage de la page d'entrée, riche en graphismes.
a5) Hardin
Meta Directory :
http://www.arcade.uiowa.edu/hardin-www/md.html
C'est le site
qui référence les sites-index. C'est un " méta
index ".
Son objectif
est de rendre l'accès facile aux listes de sites de la santé.
Cela inclut
des listes de sujets dans des sites importants comme Medweb
Yahoo, mais aussi des indications sur la page spéciale qui
couvre le sujet, particulièrement utiles quand la page d'accueil
est longue à charger.
b) les
serveurs de type information multimédia : Sentiweb :
http://www.b3e.jussieu.fr:80/sentiweb/
Sentiweb (1)
est le serveur du réseau " Sentinelle " des
médecins libéraux français, développé dans l'unité INSERM
U444.
Il permet une
consultation véritablement interactive des informations qu'il
recèle.
En fonction du
choix des paramètres, on obtient une courbe ou une carte,
présentant la situation épidémiologique en France, pour les
maladies suivantes : grippe, diarrhée, rougeole, oreillons,
varicelle, hépatites, urétrites, HIV (tests).
On peut aussi
demander une région précise ou une période de l'année. Des
vidéos représentent les évolutions épidémiques.
Sentiweb donne
également le bilan d'activité annuelle du réseau et publie
" on-line " ses deux journaux, Sentiweb Hebdo
et Sentinelles. Sentinelles est par ailleurs distribué
trimestriellement à tous les généralistes.
Une liste de
liens avec d'autres serveurs web à travers le monde, concernant
les maladies transmissibles, existe. On peut citer le lien avec
le CDC d'Atlanta (" Center Disease
Control ").
D'autres liens
existent aussi avec les journaux comme BMJ (" British
Medical Journal "), JAMA (Journal of American Medical
Association "), et NEJM (" New England Jounal
of Medecine ").
Il existe
d'autres serveurs multimédia, notamment les serveurs de
spécialité, utilisant beaucoup l'image. On peut citer ICONOCERF
pour la radiologie.
c) les
serveurs de type " bonne pratique clinique "
Ils recensent
les bonnes pratiques cliniques et conférences de consensus,
représentant une référence souvent précise. Très
développés aux Etats-Unis, ils commencent à apparaître en
France
c1) le
HSTAT, ou Health Services Technology Assement Text :
http://text.nlm.nih.gov/ftrs/gateway
C'est une base
de données plein texte de la National Library of Medecine
(" NLM "). Elle comprend les
" AHCPR guidelines ", c'est à dire les
recommandations de l'" Agency for Health Care Policy
and Research ".
c2) les
" Clinical Guidelines ", de la
" Canadian Medical Association " :
http://www.cma.ca/cpgs/index-f.html
Les guides de
la pratique clinique ont été produits ou adoptés au Canada,
par une organisation nationale, provinciale ou territoriale,
médicale ou de santé, par une société professionnelle, par un
organisme gouvernemental ,ou enfin par un comité d'experts.
La base des
" GPC " contient plus de 160 titres.
Ces guides ont
été conçus pour aider le médecin à exercer le mieux
possible, et donc à apporter à son patient le " soin
optimal ".
Ils sont
classés par catégorie, titre ou auteur. Une recherche par
" MeSH " est possible.
c3) les
" RPC " de la " SNFGE ",
ou Recommandations de Pratique Clinique de la Société Nationale
Française de Gastro-Entérologie :
http://www.snfge.asso.fr/rpc.html
Les membres de
la SNFGE élaborent des " RPC " ayant pour
but d'optimiser les moyens diagnostics et thérapeutiques, dans
le domaine de l'hépato-gastro-entérologie. Ils collaborent
régulièrement avec les groupes de travail de l '
" ANDEM ", ou " Agence Nationale
pour le Développement de l'Evaluation Médicale ".
On dénombre
aujourd'hui 5 " RPC ".
c4) les
" SOR ", ou " Standard Option
Recommandation ", de la " FNCLCC ",
ou " Fédération Nationale des centres de Lutte contre
le Cancer " : http://www.fnclcc.fr/sor.html
Les
" SOR " ont été proposés par un groupe
d'experts, et revus par des experts indépendants,
pour une bonne
pratique en cancérologie. On peut considérer que les standards
correspondent aux indications ou contre-indications absolues, les
options aux indications ou contre-indications relatives. Les
recommandations sont l'expression des jugements et des choix
effectués par les Centres de Lutte contre le Cancer.
Les bonnes
pratiques en cancérologie concernent tous les domaines de la
santé, autant paramédical que médical.
Les
" SOR " sont également classés en fonction
de la localisation des tumeurs.
Le serveur
établit des liens avec les autres guides de bonne pratique
clinique, comme " AHCPR guidelines " et
" ONCOLINK "
d) les
serveurs de bases de données spécialisées
d1) ADM, ou
Aide au Diagnostic Medical, du Laboratoire d'Informatique
Medicale de la Faculté de Médecine de Rennes :
http://www.med.univ-rennes1.fr/adm.dir/presentation.html
Explicite par
son nom, il constitue une vaste base de connaissances médicales.
Il comporte la description de 15 600 maladies, syndromes, et
formes cliniques. On y trouve également
2 400
descriptions d'effets secondaires de médicaments.
Il peut être
utilisé comme support documentaire ou décisionnel : évocation
diagnostique, stratégie de demande d'examen complémentaire,
interaction maladie - prise médicamenteuse, et prise en compte
de circonstances particulières, comme la grossesse ou
l'allaitement.
Très complet,
il couvre l'ensemble de la médecine. C'est sans doute l'une des
plus grandes bases de données médicales au monde.
Le point fort
est l'utilisation d'un langage
" semi-naturel ", permettant le dialogue
entre l'utilisateur et le système.
La requête
sur ADM se fait par saisie d'un symptôme. Les liens sont de type
hiérarchique.
La base de
données, qualifiée de " SGBDR ", ou
" Système de gestion de Bases de données
relationnel ", trouve néanmoins ses limites; la saisie
de deux symptômes associés est pour le moment impossible.
d2)
Paracelse : http://152.77.200.66/paracelse/paracelse.html
Le serveur
antipoison du CHU de Grenoble propose une base de connaissances
sur les intoxications humaines aiguës les plus sévères, et /
ou les plus fréquentes.
Son sommaire
comporte plusieurs choix possibles, entre syndromes, traitements,
antidotes, analyses toxicologiques et protocoles.
Elle
répertorie également par ordre alphabétique les produits non
toxiques en ingestions aiguës.
On y trouve la
liste des centres antipoison francophones.
Elle
référence enfin les serveurs de toxicologie dans le monde.
d3) BIAM ou
Banque d'Informations Automatisée sur les Médicaments :
http://cri.ensmp.fr/biam/
C'est
une base de données destinée aux professionnels de la santé.
L'accès à
cette base est soumis à des conditions particulières. Il faut
s'enregistrer afin d'obtenir un code d'accès.
L'objectif de
ce serveur est de fournir une information aussi fiable et
actualisée que possible, sur la totalité des médicaments
commercialisée en France, et sur les principes actifs entrant
dans la composition de ces médicaments.
C'est le
" Vidal électronique " du praticien.
d4) DX
PLAIN, du LCS Harvard : http://www.lcs.mgh.harvard.edu/
Ce serveur est
un système d'aide à la décision médicale.
Il utilise
différentes données cliniques et biologiques, et les met en
relation entre elles pour établir une liste de diagnostics
possibles, correspondant aux différentes manifestations
cliniques.
C'est aussi un
livre électronique. Il décrit plus de 2 000 maladies
différentes, mettant en valeur les signes et les symptômes
présents dans chaque maladie, l'étiologie, la pathologie, et le
pronostic. Il cite 10 références bibliographiques pour chaque
maladie.
L'accès au
serveur est soumis à une licence d'agrément. Il est réservé
aux institutions médicales et aux praticiens.
d5) MEDLINE
: (plusieurs adresses de consultation possibles)
La base de
données bibliographiques de la NLM (" National Library
of Medecine ") des USA, qui indexe les principales
publications médicales depuis 1966, et dont la réputation
mondiale " de référence " n'est plus à
faire, est désormais accessible sur Internet.
Elle n'a pas
son propre serveur web, aussi est-elle disponible au-travers de
plusieurs serveurs.
Néanmoins,
tous ne permettent pas une recherche utilisant le thesaurus de
Medline : le " MeSH ".
Les serveurs
annonçant " free Medline ", c'est à dire un
accès gratuit, n'ont en général créé qu'un lien à Medline.
L'interrogation de Medline n'est possible qu'en partie, et sans
le recours au thesaurus.
D'autres sites
ont passé un accord avec un moteur de recherche pour lui confier
les requêtes. On peut citer en exemple Medscape, ou l'accès à
Medline est complet, et gratuit. Il nécessite cependant un
enregistrement préalable.
Il y a
également les sites des moteurs eux-mêmes qui exploitent
Medline dans son intégralité, mais ce n'est pas toujours
gratuit.
Healthgate,
par exemple, est un de ces moteurs, d'accès libre, et permet
l'accès à la totalité de la base.
e) les
serveurs dits " de FMC ", Formation Médicale
Continue, ou d'enseignement à distance
e1) le
serveur du CERF, Collège des Enseignants de Radiologie
Française : http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf/
Il donne
accès à une banque d'images numériques, ICONOCERF. Cette
banque présente des cas cliniques de radiologie commentée,
assortis de questions interactives. On y trouve environ 4 000 cas
cliniques, et 15 000 images radiologiques (radios, scanners, IRM,
scintigraphies).
Deux accès
sont possibles : par un index général, ou par l'histoire de la
maladie. Le second accès a un objectif pédagogique évident.
Il donne aussi
accès à une bibliothèque de documents pédagogiques et
d'information, EDICERF, qui recense les principales affections
auxquelles peuvent être confrontés les radiologues. Par
exemple, dans la classe pathologie cardio-thoracique et
vasculaire, on peut trouver des renseignements sur la
tuberculose.
Ce web est
certainement l'un des meilleurs sites français, tant en termes
de contenu que d'interactivité.
e2) Brain
Atlas, ou Atlas du Cerveau, de l'Université de Harvard, USA
http://count51.med.harvard.edu/AANLIB/home.html
Il permet
d'étudier de nombreux clichés et cas cliniques de neurologie.
Les images sont classées par thème : cerveau sain, maladies
cérébro-vasculaires, maladies dégénératives, maladies
inflammatoires, maladies infectieuses.
Tous les
scanners et IRM sont accompagnés de commentaires.
f) les
journaux électroniques
De plus en
plus, les revues médicales font leur apparition sur le web, mais
là aussi, toutes ne sont pas publiées dans leur intégralité.
f1) le BMJ,
ou British Medical Journal :
http://www.tecc.co.uk/bmj/archive/curr.html
Le BMJ a été
l'une des premières revues médicales à ouvrir un site web, et
a adopté une position médiane.
En effet, son
site présente le sommaire du numéro en cours, ainsi que le
résumé des articles publiés. Il permet également des
recherches par mot-clé dans les archives numériques du journal,
depuis 1994.
f2) le
NEJM, ou New England Journal of Medecine
http://www.nejm.org
Il s'affiche
également sur le net. La moitié du contenu du journal est
" on line ".
Même si ce ne
sont pas les articles originaux, ce sont quand même les
rubriques habituelles, comme : " Images in Clinical
Medecine ", " Case Records of the
Massachusetts General Hospital ",
"Editorials ", et " Sounding Boards
Articles ".
On peut
effectuer une recherche dans les annales du NEJM par numéro, par
date, et par rubrique, depuis janvier 1996.
g) les
livres électroniques
g1) OMIM,
ou On Medelian Inheritance of Men
http://www3.ncbi.nlm.nih.gov/Omim/searchomim.html
Cette banque
d'informations du John Hopkins Hospital, répertorie 6 000
syndromes héréditaires. Il est accessible sur l'Internet dans
sa version plein texte, c'est à dire qu'on retrouve la totalité
de l'information recherchée. Son accès est gratuit, alors
qu'existe une version sur papier payante.
g2) le
Merck Manual http://www.merck.com/
Il se définit
comme " le texte médical le plus largement utilisé
dans le monde ". Ecrit par 300 experts, le Merck Manual
se veut exhaustif jusque dans la description des pathologies les
plus rares. Il est désormais accessible en ligne.
CONCLUSION
Nous avons essayé de démontrer dans ce
travail que l'Internet est très important, en termes
d'information et de communication, pour le médecin
généraliste.
Il devient, avec l'apparition du
" Réseau Santé Social ", structurant pour
le système d'information de santé de notre pays.
Le " Réseau Santé
Social " est en effet un des éléments-clés du
système d'information de santé français. A court terme, il va
permettre la transmission des feuilles de soins électroniques
(" FSE ") des professionnels de la santé
vers les caisses.
Ce " Réseau Santé
Social " sera ouvert (technologie Internet), sécurisé
(chiffrement des données nominatives et authentification du
professionnel de santé et du patient grâce à leurs cartes
respectives), neutre (cogestion par les différents partenaires),
fédérateur (tous les
300 000 professionnels de santé y seront
connectés).
Il est impératif de dépasser le simple
stade de la transmission électronique des feuilles de soins, et
donc, il faut aborder le contenu qu'attendent les médecins
généralistes.
En premier lieu, le " Réseau
Santé Social " pourrait être un des vecteurs majeurs
de la formation médicale continue.
Tout ce que nous avons décrit dans ce
travail, en termes d'outils d'aide pour le médecin généraliste
(journaux électroniques, bases de données, banques
d'information, conférences de consensus...), peut tout à fait
se situer sur ce futur " Réseau Santé
Social ".
La différence fondamentale avec
l'Internet est double.
Les informations seront impérativement
validées dans le " Réseau Santé Social ",
avec la création d'un comité scientifique. Ces informations ne
seront disponibles que pour les professionnels de santé, et non
pour les patients.
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