4.1.1 - Objectifs du projet.
Le projet vise à créer une nouvelle structure hospitalière publique qui s'intègre dans la carte sanitaire existante et dans l'environnement institutionnel et juridique en pleine évolution.
Le Gouvernement du Burkina Faso mène une politique courageuse et réaliste dans le secteur hospitalier. Comme il a été déjà souligné supra, le Burkina Faso se situe dans une dynamique consistant à reconnaître le rôle et l'importance du secteur hospitalier dans une politique de santé privilégiant sans ambiguïté les soins de santé primaires. C'est dans ce cadre qu'il convient d'assurer le succès de l'opération envisagée et même de faire du Centre Hospitalier National Pédiatrique un site pilote d'application de cette réforme. A cet effet, le projet doit comprendre l'organisation et la gestion afin d'accompagner la nouvelle équipe de direction dans la mise en place des structures et des outils de gestion. Etablissement pilote de la réforme hospitalière, il constituera alors un modèle pour les autres hôpitaux. Un jumelage avec un établissement français pourrait servir de soutien technique à cette stratégie notamment en matière de formation. Un autre argument plaide pour cette option. En effet, une fois la loi hospitalière votée, il sera plus simple de l'appliquer d'abord de façon cohérente et dans tous ces aspects, dans un hôpital neuf, organisé et géré de façon moderne, par des équipes formées, motivées et soucieuses de contribuer à l'amélioration du système de santé. 4.1.2 - Stratégie et actions à mener.
L'hypothèse retenue et admise par l'ensemble des professionnels de la santé concernés vise à réaliser ce projet avec un souci d'intégration et de complémentarité avec les structures existantes. Aussi, les unités pédiatriques du Centre National Hospitalier Yalgado Ouedraogo sont-elles partiellement maintenues avec une redéfinition de leurs missions. La stratégie vise donc à recentrer certaines activités pédiatriques de cet établissement et à transférer le reste au niveau du nouvel hôpital pédiatrique.
Pour ce qui concerne le Centre Hospitalier National Yalgado Ouedraogo, le pavillon de pédiatrie financé par la coopération Suisse/Luxembourgeoise, sera maintenu opérationnel pour certaines activités de pédiatrie précisées ci après. En raison de la présence d'un important service de gynéco-obstétrique, le maintien du service de néonatologie s'impose en lui apportant un appui ponctuel afin de lui donner une capacité d'accueil de 20 lits y compris tout en renforçant ses moyens techniques. Par ailleurs, dans la nouvelle configuration, l'établissement conservera l'hospitalisation des longs séjours (maladies chroniques, fractures en consolidation, rééducation fonctionnelle, etc...). Au demeurant, ces enfants pourront bénéficier de l'école associative installée à proximité et dont les activités seront développées à cet effet. De même, le Centre de Récupération et d'Education Nutrionnelle est également sera maintenu. Avec une capacité d'hospitalisation de 21 lits, cette structure pavillonnaire de construction récente, permet également l'accueil et la prise en charge des mères. Enfin, les activités de pédopsychiatrie seront assurées par le service de psychiatrie de l'hôpital avec l'aménagement d'un pavillon avec 4 lits et une zone d'animation pour les enfants; une consultation externe sera organisée dans le nouvel hôpital.
Ainsi, la capacité hospitalière pédiatrique maintenue au Centre Hospitalier National de Ouagadougou sera de 120 lits.
Pour sa part, le Centre Hospitalier National Pédiatrique aura vocation d'établissement de référence au plan national. Afin d'assurer l'accueil des enfants de 0 à 14 ans dans des conditions conformes aux règles d'hospitalisation, pour des séjours les plus courts possibles et pour prendre en compte l'ensemble des pathologies pédiatriques (médicales et chirurgicales) une capacité opérationnelle de 110 lits a été retenue. La décomposition de la capacité hospitalière sera la suivante :
- Une unité de maladies infectieuses de 20 lits. Dans cette unité seront hospitalisés les enfants de 0 à 14 ans présentant des pathologies infectieuses (paludisme, méningite, tuberculose, rougeole, varicelle, hépatites, tétanos etc...).
- Une unité de nourrissons (0 à 3 ans) de 30 lits. Dans cette unité seront pris en charge les nourrissons présentant des pathologies autres qu'infectieuses (maladies respiratoires, gastriques, cardio-vasculaires, du système nerveux, du sang, etc...).
- Une unité de grands enfants (4 ans à 14ans) de 28 lits. La mission de cette unité sera identique à celle des nourrissons. Sa capacité est inférieure tenant compte d'un pourcentage d'entrants potentiels moins élevé.
- Une unité de chirurgie de 24 lits (viscérale, ortho/traumato, spécialités). Cette unité assurera l'hospitalisation des différentes pathologies chirurgicales (viscérale, orthopédie, traumatologie). Compte tenu du faible nombre de lits réservé pour cette unité, il est prévu que les cas chirurgicaux courants chez les grands enfants seront orientés vers le Centre Hospitalier National.
- Une unité de soins intensifs/réanimation médico-chirurgicale de 8 lits. Dans cette unité seront traités tous les enfants dont l'état justifie une prise en charge d'urgence et les enfants aux pathologies lourdes nécessitant des soins intensifs.
A ceci doit s'ajouter les différents services médicaux, administratifs et techniques. A savoir :
- Un plateau chirurgical. Il comprendra deux salles d'opération (viscérale, orthopédie/traumatologie et une petite salle septique) avec deux lits de réveil, une unité de stérilisation et les locaux afférents.
- Un plateau technique des urgences et des soins externes. Il assurera toutes les activités d'accueil, de triage, d'orientation et de soins externes. Le plateau technique de consultation disposera d'un poste de consultation polyvalent (ORL, ophtalmologie), et de deux salles d'exploration fonctionnelle (endoscopie, électroencéphalogramme, électrocardiogramme). Cet ensemble sera complété par un plateau technique d'imagerie médicale comprenant une salle de radiologie conventionnelle et une salle d'échographie, et par les laboratoires (biochimie, biologie, parasitologie, hématologie, etc...).
- L'administration, la pharmacie, la logistique et la maintenance seront regroupées et organisées pour répondre aux exigences de fonctionnement de cet hôpital. La politique du médicament se fera dans le cadre des données de l'OMS sur les médicaments essentiels et la gestion d'une pharmacie hospitalière devrait faciliter l'accès aux médicaments pour toutes les couches sociales. Cet ensemble sera aménagé dans une structure indépendante de l'hospitalisation avec une organisation adaptée aux flux d'accueil. Le bureau des admissions y sera intégré pour gérer l'ensemble des activités relatives à la gestion des hospitalisations et de soins externes afin de garantir aux hospitalisés et aux consultants des circuits courts tout en permettant un suivi des opérations de recouvrement des coûts en "temps réel".
- Les installations techniques. Comme pour tout établissement hospitalier les installations techniques telles que buanderie, cuisine, centrales fluides, groupe électrogène et incinérateur, seront prises en compte.
Seul établissement public de ce type qui offrira des capacités de traitement et d'accueil importantes, cet hôpital pédiatrique pourra chaque année :
- assurer plus de 15.000 consultations,
- accueillir 6.000 à 7.000 entrants en hospitalisation avec une durée moyenne de séjour variant de 5 à 6 jours,
- satisfaire la demande en examens d'imagerie médicale, d'exploration fonctionnelle et de laboratoires (hospitalisés et externes),
- pratiquer environ 700 interventions chirurgicales sous anesthésie générale,
- et répondre avec efficacité aux urgences médicales et chirurgicales pour ce qui concerne les actes exécutés en externe.
A ces activités, il faudra ajouter celle réalisées à l'hôpital de Ouagadougou pour ce qui concerne la néonatalogie, les longs séjours et le Centre de récupération et d'éducation nutritionnelle. L'ensemble du dispositif retenu permettra d'assurer de façon convenable la couverture sanitaire pédiatrique de la ville de Ouagadougou et de ses environs. 4.2 - Viabilité économique du projet.
La viabilité économique du projet repose sur les moyens humains et financiers qui seront mis en oeuvre au niveau de cette formation hospitalière mais aussi sur les mécanismes gestionnaires qui y seront appliqués (tarification, suivi du recouvrement, maîtrise des dépenses, contrôle des activités, etc). Aussi, avant son ouverture, toutes les conditions économiques et financières devront être réunies pour garantir la viabilité et la pérennité du projet.
Dans ce cadre, la "visibilité" de ce projet est suffisante pour présenter l'esquisse d'un compte d'exploitation prévisionnel (annexe).
A noter que les charges ne prendront pas en compte les charges de personnel s'agissant du personnel du Ministère de la Santé. Par ailleurs, il ne semble pas souhaitable, dans l'immédiat, d'utiliser les recettes sur recouvrement des coûts pour recruter du personnel.
4.3 - Analyse des effets attendus.
Les effets attendus par la création d'un hôpital à vocation pédiatrique à Ouagadougou sont essentiellement d'ordre social et institutionnel. 4.3.1 - Effets sociaux.
Ce projet vise à l'amélioration de la situation sanitaire du pays et plus particulièrement celle des enfants. Cette amélioration se manifestera par :
- une extension des capacités d'hospitalisation et de soins du secteur pédiatrique avec une complémentarité entre les deux établissements publics de référence de la capitale, à savoir le Centre Hospitalier National Yalgado Ouedraogo et le Centre Hospitalier National Pédiatrique,
- l'augmentation de la couverture infantile en soins,
- l'accessibilité aux soins de toutes les couches sociales avec les mêmes droits,
- la garantie d'une possibilité de faire appel à un centre de référence pour les formations sanitaires périphériques,
- l'amélioration des conditions d'accueil et de prise en charge des enfants notamment en urgence,
- une réponse spécialisée aux principales pathologies de l'enfant,
- la réduction de la mortalité infantile,
- l'amélioration de l'état sanitaire de la population pédiatrique,
- une contribution importante à l'amélioration du développement économique et social. 4.3.2- Effets institutionnels.
Le processus engagé par ce projet doit apporter une crédibilité supplémentaire aux réformes menées par le Ministère de la Santé et permettre d'accélérer leur mise en oeuvres en matière de gestion des hôpitaux et de renforcer la politique de recouvrement des coûts dans le cadre d'une véritable politique de tarification tout en tenant compte de la situation des populations démunies. Ceci renforcera le rôle important de l'Etat qui doit maintenir son aide à un niveau suffisant pour garantir un fonctionnement harmonieux des établissements hospitaliers.
De même, l'établissement pourra être un site de formation de référence pour les personnels médicaux et paramédicaux. L'impact sur le budget national n'est également pas négligeable en raison de la réduction des charges de santé liées aux évacuations sanitaires à l'étranger, souvent réservées aux nantis, qui pourrait en résulter.
Enfin, la diffusion et la vente de médicaments essentiels sous nom générique au niveau de la pharmacie hospitalière soutiendra la mise en oeuvre de la politique nationale du médicament. 4.4 - Perspectives après clôture du projet.
La création d'une nouvelle structure hospitalières va engendrer des coûts récurrents importants qui devront être financés par l'Etat et les populations. En fait pour les ménages les coûts ne devraient pas peser de manière additionnelle, il s'agira plutôt d'un transfert de dépenses. En outre, elles devraient être moindres avec un meilleur rapport coût/efficacité notamment au profit des cas sociaux.
Pour l'Etat, son appui devra être maintenu à un niveau suffisant pour pérenniser les acquis du projet. Afin d'aider le Ministère à la mise en oeuvre opérationnelle de cet hôpital, une assistance technique est prévue pour un appui à la gestion, à la coordination des soins et aux laboratoires/pharmacie. Le bon fonctionnement des services dans lesquels les assistants techniques seront affectés, est une des clés de la réussite du projet.
Il convient également de prévoir un appui au fonctionnement pour cette phase de démarrage afin de réaliser les dotations initiales indispensables. La formation continue et l'organisation de stages ne devront pas être négligées et le jumelage devrait contribuer à répondre à cette exigence. Enfin, le désengagement financier et de l'assistance technique devront se faire progressivement en bon ordre accompagné d'un plan de formation de la relève nationale.
Ainsi on peut légitimement espérer que le projet sera une réussite pour l'Etat Burkinabé et la Coopération Française.