L'analyse des problèmes de santé conduit à rappeler les principaux indicateurs sanitaires :
Taux de mortalité infantile (0-1ans) 144,6 pour 1000
Taux de mortalité maternelle 566 pour 100.000 naissances vivantes,
Mortalité périnatale 43,6 pour 1000
Habitants par médecin 33 227
Programme élargi de vaccination Rougeole : 44 %
DTCP3 : 48 %
BCG : 77 %
SIDA 1074 cas déclarés en 1993 (source nationale).
Accouchements assistés 42 %,
Prévalence contraceptive 9,4 %,
Malnutrition
- sécurité alimentaire(enfants inf 5ans) 29 % dont malnutrition sévère 1 %,
- Déficience en iode endémiques dans 25 provinces sur 45
Insuffisance alimentaire chronique 19 % de la population.
De même, en matière d'assainissement et d'approvisionnement en eau potable les indicateurs de 1994 ne sont pas très favorables.
Comme partout en Afrique, ce sont les maladies infectieuses et parasitaires qui dominent avec comme fléau principal le paludisme. Les maladies respiratoires viennent en seconde place. Suivent les maladies diarrhéiques, les affections cutanées et les parasitoses liées aux problèmes de l'eau et de l'hygiène. Ces maladies sont les principales causes de décès des enfants de 0 à 5 ans. Toutes ces maladies surviennent le plus souvent sur un fond de malnutrition chronique. La sous nutrition touchant 30 % des enfants de moins de 5 ans. Par ailleurs, les endémies traditionnelles telles que la tuberculose, l'onchocercose, la trypanosomiase et dracunculose persistent.
Enfin, la situation des MST/SIDA reste caractérisée par la non-maîtrise des données du fait de la sous-déclaration et de l'automédication trop fréquente dans le cas des MST.
En 1995, le budget de la santé du Burkina Faso représente 138.000 millions de FF, soit 6 % du budget national. Plus des deux tiers du budget de la santé concernent la masse salariale. La dépense de santé par habitant et par an est de 13,38 francs français. Les dépenses totales de santé par habitant (investissement et fonctionnement) ont même tendance à baisser.
Les dépenses de santé ne se limitent cependant pas à celles contenues dans le budget du Ministère de la Santé. Bien qu'aucune analyse globale des dépenses privées n'ait encore été faite au Burkina Faso, il convient de prendre en compte les résultats d'une enquête ponctuelle dans la province du Boulgou qui indique une dépense de 28 FF par habitant et par an, dont 10 FF pour des traitements modernes et des médicaments et 18 FF pour la médecine traditionnelle. Les dépenses des ONG pour le secteur santé sont supérieures à la somme de 130 millions de FF. Enfin l'assurance maladie couvre moins de 2 % de la population. La Caisse nationale de sécurité sociale ne prenant en compte que les retraites celles-ci étant fixées à partir de 53 ans, les prestations familiales, les accidents du travail et maladies professionnelles.
Par ailleurs, le changement de parité du Franc Cfa n'a pas eu que des effets positifs sur le coût de la santé. Ainsi :
- Les coûts des soins médicaux ont quasiment doublé pour les médicaments, les matériels médicaux, et les vaccins importés hors de la zone franc,
- Les coûts des prestations assurées par le secteur privé ont augmenté considérablement. En effet, les tarifs après la dévaluation comparés à ceux d'avant la dévaluation ont connu des hausses de 100 à 150 % pour les consultations et de 40 à 43 % pour les visites à domicile. Les tarifs pratiqués par les cliniques d'accouchement ont crû de 20 à 33 %. Les tarifs des actes de planification familiale ont enregistré une hausse de 16 à 25 %. Cette situation a provoqué un retour très prononcé des moins fortunés à l'automédication et vers les tradithérapeutes,
- Les coûts des transferts pour soins à l'étranger se sont alourdis suite à la dévaluation. Ils sont en effet passés de 337 millions de F.Cfa en 1993 à 767 millions au 31 octobre 1994, soit une croissance en valeur absolue de l'ordre de 128 %. Ils ont représenté 4,7 % du budget de l'Etat en 1994, contre 2,7 % en 1993,
- La baisse du pouvoir d'achat en zone urbaine a appauvri l'alimentation des couches défavorisées et fragilisé encore plus leur état de santé. Le recours aux services de santé est donc devenu difficile à supporter suite à une baisse des revenus réels de plus de 15 % et à l'augmentation des prix des services curatifs et des médicaments de plus de 50 %,
- Par ailleurs, l'augmentation des prix des transports de l'ordre de 50 %, le faible équipement des Centres de Santé Maternelle et Infantile ont freiné le recours des populations rurales aux maternités pour le suivi prénatal et pour les accouchements,
- Les prix de vente des médicaments de spécialité ont augmenté de 76,3 % en moyenne.
Lors de sa "Troisième conférence des partenaires au développement du Burkina Faso" qui s'est tenue en octobre 1995 à Genève, le gouvernement a fait du développement humain durable l'axe majeur de sa politique. Les objectifs majeurs de cette politique, d'ici l'an 2005, se résument à un accroissement du PIB par tête de 3 % au minimum par an, à un doublement du taux d'alphabétisation pour l'ensemble de la population, et à un gain d'environ 10 ans au niveau de l'espérance de vie, celle-ci devant atteindre 57 ans en 2005.
Pour répondre à cet environnement peu favorable, le Burkina Faso a mis en place un certain nombre de réformes. Leurs définition et leurs mise en oeuvre ont fait l'objet de concertations continues avec les partenaires au développement sanitaire du pays et s'inscrivent dans le processus de table-ronde sur les secteurs sociaux en cours de préparation. D'une manière générale, les différents axes de la politique de santé reposent sur les orintations suivantes :
- L'initiative de Bamako et la décentralisation des soins de santé primaires avec un découpage du pays en 53 districts sanitaires et l'intégration des programmes de santé. Cette politique s'accompagne d'un transfert de compétence au niveau des communautés pour la gestion de la santé et des ressources générées au niveau local. De même, elle induit la collaboration intersectorielle en faveur de la santé et la mobilisation en faveur de la santé.
- Les programmes verticaux tels que le Programme élargi de vaccination, la planification familiale, le programme de lutte contre le SIDA, la lutte contre la tuberculose, etc... Malgré des efforts constants et l'appui de partenaires au développement, ces programmes n'atteignent pas encore les objectifs qui leur sont assignés.
- Les programmes et activités de soutien dont le Système national 'information sanitaire et le Système d'information médicale existant au niveau des hôpitaux, la supervision afin de mettre à jour régulièrement les statistiques sanitaires nationales.
- La réforme pharmaceutique et la promotion de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles. Elle est basée sur la politique des médicaments essentiels préconisés par l'OMS. L'évolution du secteur pharmaceutique est caractérisée par la suppression du monopole de l'Etat en 1992 et la création d'une Centrale d'Approvisionnement en Médicaments Essentiels Génériques.
- La planification et le développement des ressources humaines dans le cadre de la décentralisation et de la modernisation de l'Administration, sans oublier la recherche en santé encore faible, mais qui constitue un moyen important pour la résolution des problèmes de santé au Burkina Faso.
A ceci s'ajoute la réforme hospitalière dans laquelle s'inscrit le présent projet qui a pour objet de construire une nouvelle unité.