Infotox

Bulletin de la Société de Toxicologie Clinique

Éditorial mars 2001

L’emploi des médicaments à domicile ou en milieu hospitalier, progrès marquant du 20ème siècle, est définitivement acquis, et nul ne songerait à contester leur efficacité et leur utilité. Certains de ces traitements ne sont cependant pas sans inconvénients parfois majeurs pouvant mettre en cause le pronostic vital.
Le rein est, de par ses fonctions spécifiques, un organe vulnérable qui présente une susceptibilité particulière à nombre de xénobiotiques. Les sources d’exposition sont multiples et, bien souvent, insidieuses. Alimentation, environnement, conditions de travail, avec la néphrotoxicité des métaux lourds... L’insuffisance rénale aiguë représente 1 % des admissions hospitalières ; 10 à 20 % de ces affections sont attribuées aux médicaments. Et l’on sait que 20 à 40 % des insuffisances rénales aiguës acquises en milieu hospitalier sont liées directement ou indirectement à la toxicité rénale de ces derniers...
Les molécules ou familles de médicaments incriminées sont bien identifiées. On connaît mieux les mécanismes de leur toxicité rénale. Dans l’exemple des produits employés en chimiothérapie, il est impératif de prévenir ou de corriger des troubles tels qu’insuffisance rénale ou dysfonctionnement tubulaire, car l’arrêt du traitement aurait d’autres conséquences... Dans cet objectif de prévention, la connaissance d’éventuels facteurs de risque propres au patient et le contrôle de la fonction rénale doivent jouer un rôle prépondérant.
L’engouement pour les médecines dites “ naturelles ” doit susciter de fermes mises en garde. Toutes les plantes ne nous veulent pas que du bien... Ainsi, dans cet hôpital chinois, certains des patients soignés par phytothérapie se voient transférer dans le service voisin de néphrologie pour des atteintes dues précisément à ces traitements ! Une confusion entre deux noms presque identiques de la pharmacopée traditionnelle chinoise serait souvent à l’origine de cette fâcheuse situation. La nature végétale d’un principe actif n’est pas un gage d’innocuité. Aucune substance, même présente à l’état naturel dans une plante, n’est dépourvue d’effets secondaires incontrôlables pour le profane. Les pays européens ne sont pas exempts de telles erreurs, et la langue chinoise n’est pas la seule à receler des termes voisins... Trop souvent, ignorance rime avec inconscience. Là encore, la plus grande prudence est de mise ; en cas de doute, il est indispensable de prendre conseil auprès d’un Centre Antipoison ou d’un Toxicologue averti.
Infotox aborde ce chapitre médical d’actualité à travers quatre études approfondies : Les Néphropathies médicamenteuses, les Insuffisances rénales aiguës induites par les produits de contraste iodés, la toxicité rénale des anticancéreux et la néphrotoxicité des mycotoxines. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

La Rédaction

Suite du bulletin n°12


[Menu Général CHU][InfoTox]