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Elles ont toutes une latence longue, pouvant attendre 20 ans, voir plus pour le mésothéliome malin de la plèvre.
Une exposition forte semble nécessaire pour développer une asbestose, certains auteurs ayant avancé l'existence d'un niveau minimum d'exposition. Cette notion est toutefois controversée et le seuil n'est pas connu avec certitude.La maladie peut continuer à évoluer, pour elle-même, après l'arrêt de l'exposition.
La dyspnée d'effort est le symptôme le plus précoce, tout comme à l'auscultation, la présence de fins râles crepitants en fin d'inspiration aux 2 bases ( signe précoce ). Toux, cyanose discrète, hippocratisme digital sont plus rares. A l'EFR, le transfert du CO (DLCO) est le plus précocement touché; on pourra, aussi, retrouver une perturbation de tous les volumes avec un trouble restrictif, obstructif ou mixte, à un stade plus évolué. L'asbestose est un facteur favorisant reconnu de la survenue d'un cancer broncho-pulmonaire. Le tabagisme pourrait jouer un rôle aggravant dans la maladie.
Par sa sensibilité, la tomodensitométrie (TDM) est l'examen de choix pour mettre en évidence une asbestose débutante, mais son interprétation ne bénéficie pas, pour l'instant, d'une cotation reconnue. La radiographie pulmonaire de face bénéficie d'une classification internationalement reconnue ( BIT ).
Ce sont des plaques fibro-hyalines situées sous l'épithélium mésothélial. Elles sont bilatérales et asymétriques, calcifiées ou pas et se situent sur le feuillet pariétal de la plèvre.
La symptomatologie est pauvre et les examens radiologiques permettront de les différentier de la graisse extra-pleurale et des insertions musulaires qui en sont les diagnostics différentiels ( TDM +). Quand elles sont isolées, leur retentissement fonctionnel (EFR) est minime.
Sa découverte est radiologique et elle n'est pas spécifique à l'exposition à l'amiante. L'EFR va traduire un syndrome restrictif.
Un comité d'experts anatomo-pathologistes( MESOPATH) a été crée à Caen en raison des difficultés histologiques de diagnostic différentiel avec les métastases d'adénocarcinômes.
Si, dans 25 % des cas, il est asymptômatique, du moins au début, on retrouvera une toux, des douleurs, une dyspnée, une altération de l'état général, des adénopathies homolatérales, et en cas d'extension, une dysphagie, une dysphonie ou un syndrome cave supérieur.
La ponction pleurale ne retrouve pas toujours de cellules suspectes et c'est la thoracoscopie qui en permet l'inspection macroscopique et les biopsies.
Les examens radiologiques sont d'une aide importante, mais des études ont souligné le rôle possible des radiations ionisantes dans sa survenue. L'application prochaine dans la législation française des recommandations européennes concernant les limitations des irradiations ionisantes ( EURATOM / 96 ) va impliquer des principes de précautions concernant les examens radiologiques, en particulier, la TDM. Si la simple radio thoracique de face correspond à 10 % de l'irradiation naturelle d'un habitant de l'Ile de France, une TDM classique équivaut à 100 radios !
Service de Médecine du Travail et des Maladies Professionnelles du CHU de ROUEN. Chef de service Dr. C. PARIS.Création Didier BISMUTH, Interne. Médecine.Travail@chu-rouen.fr
date maj. : 27/10/99